ce que vos yeux vairons

Mois : décembre, 2016

Post-scriptum

En trois mots ou deux,
Dire plus qu’en une litanie.
Au coeur d’un sujet.

Coupure

Rouge la joue du
Soleil que crève le soir
L’aiguille du sapin.

Le gui. Autour de minuit

Sa sphère armillaire
Suspendue au lampadaire.
Je passe.Et j’embrasse.

Le goéland

Un oiseau blanc sur
Mon sommeil étend ses ailes
Édredon de plumes.

Vert d’eau

Comme un rideau qui tremble sous le vent. La vague. Qui brise son verre sur les rochers, morceaux de perle, éclats d’eau. Brèves gemmes de mer. Arrachées d’un collier.

Petit blasphème

Le salon.

Ses fumées.

Les yeux fermés.

Le brouillard

D’un chant

Monte

Dans l’oratoire.

L île au désert.

Aux pieds

D’une bergère,

Mettre genou

En terre,

En manière

De prie dieu.

 

Stille Nacht

Il y aura

Des salons en fumée,

Des tables abondantes,

Des antichambres

Où crissera

Un givre de papier.

Je chercherai

Un perron comme une jetée,

Une coupée sur la nuit,

Le fanal de la lune.

Dans mon dos,

Une porte retiendra les bruits.

 

Ronde de nuit

Loin en la forêt,

Plus loin encore,

En son finisterre

Où me portent mes pas,

Là où l’épinette

Pousse

Sa borne-frontière,

J’irai écouter

Le silence

Du ruisseau

Et en leur hiver

Le rare chant

Des oiseaux.

Breathless

Souffler sur la glace,

Chasser le superflu,

Tombent du gâteau

Les mots

De sucre en trop.

Arracher

Les plantes d’ornement.

Laisser pousser

Les rimes simples

Des mauvaises herbes,

Le refrain azyme

Du pain d’un pauvre,

De la gaufre en miettes

D’une hostie.

Corsaire

Le bois, les plumes de

Verre, rebuts de mer, trésor

De guerre sur l’estran

Dunkel

Des hautes forêts

De sapins obscurs, rien ne

Sourd. Sauf le silence.

21/12

Levain

A la pêche d’hommes en

Peine, un capitaine, un père

Sans fils. Leur repaire.

Le chandail

Sa mie bise. Et rêche. Un feutre. Ses points lisses que des doigts et leurs gerçures avaient cardés. Les grains de blé, les torsades usées qui éraillent la peau, les rondes-bosses du tricot, comme des échardes plantées. La laine mouillée qui a retenu l’eau et le givre là haut quand le cuir des vestes trempées s’alourdissent. Le col roide comme une minerve. Hedda passa son cilice. Rien d’autre que le froid. L’odeur de la graisse. Et son suint.

L’ouverture

La nuit. Ses hachures,

Les blancs jouent contre les noirs,

Pointillé de l’échiquier.