ce que vos yeux vairons

Mois : avril, 2015

Frontières

Longer son limes,

Sa mer intérieure, paix le

Soir sur ses rivages.

Le chant des possibles

Sagesse des étoiles

Silencieuses, la Terre ne sait

Pas se faire taire.

Miel bleu

A l’encognure de

Ses yeux, le lacis heureux

Des ridules sourit.

Alphabet

Galets, nuages, je

Lis en vous pays sages et

Visages bien aimés.

Au bois de Cise

La falaise nourrit

Du lait de sa craie les flots

Au soir pâlissant.

L’écrin

Parure vert-mercure

Du cognassier, argent de

Sa ramure au vent.

Pastel

Hier encore, brun,

Cendre, l’arbre revêt sa

Livrée de dragées.

Les visitandines

J’ai vu hier,

Au creux

Du vieux cimetière,

Timidement accotées

Au flanc maigre

D’une stèle effondrée,

Deux petites ruches,

Discrètes, silencieuses.

Dernières orantes

A honorer,

Du bourdonnement

Sourd de leurs prières,

Les âmes oubliées,

A l’ombre du jubé

Du haut marronnier.

Oser

Refuser le filet

Et croire

Qu’au moment

De tomber

Une main saura

Vous rattraper.

Floréal

Tous les matins,

Au moment où

La nuit s’éteint,

Mon arbre-candélabre

Nimbe le jardin

Du halo céladon

Qui perce la porcelaine

Du pompon de ses bourgeons.

Pollock

Infusion jaune-vert

D’un printemps qui s’ébroue et

Vêt d’or les collines.

Voix du silence

Pouls lent et doux des

Etoiles, battre la mesure des

Cieux noirs et sourds.

Cartomancie enfantine

Des nuages, lire le

Marc, conférer des formes et

Ordonner la course.

A vant

La soute du ciel se

Creva sur les têtes accablées,

La lumière se tut.

Gouache

Le cordon doré

Des jonquilles enlumine le

Vélin vert des prés.