ce que vos yeux vairons

Mois : septembre, 2022

Ça est là

De vair,
De petit-gris,
La pelisse
Du chat du médiéviste
Promenade
Au bord de la mer
Du printemps,
La prairie
Sur les hauts
De Moher,
Les herbes
D’argent floqué,
Cinéraires,
Les flots,
Fleurs de pëcher,
La robe
Aux vagues
De velours,
Écume crème
De la doublure
Qui mousse
Jusque sous
Les pieds
Du petit chien,
Époux Arnolfini,
Une crêpe brûle
Tandis que je songe,
Marbrure de tigre,
Mère Barberin
La bonté,
Une autre se consume,
J’ai épuisé
La pâte,
Autre sortilège,
Invitation
Faite à Jeeves,
Je pose
Ma tour
De peaux de chamois
Sur la table,

Le cidre doux

Jpeg

Cardioversion

Tu retournes
Le journal du soir,
Les phrases restent bien accrochées
Monde qui déroule son fil,
Tu lis,
Un oeil autonome par la fenêtre.
Et ce noeud, à peine saillant
Tant il est serré
Détourne ton index,
L’épaisseur d’un grain
De poussière,
Je l’appelle
Petite-fenêtre-du-calendrier-de-l’avent,
Comme un accident
Sous le doigt,
Un petit carré
Dont on soulève
Un coin,
Qui vous donne
En petit,
Le principe
D’un grand parfum,
Échantillon de prairie,
Avec fil de corde,
Épingles de bois,
Qui retiennent,
Sorties du bain,
Les feuilles de papier,
Avec inclusion
De fleurs fraîches,
Ce linge fumant,
Un mot,
Muni d’une espagnolette
Escamotée
Dans le texte,
Le monde se dilate,
Ses murs deviennent
Transparents,
Brigadoon,
Tu sautes
Sur ton tartan,
Le mot parle
Ta langue,
Tu passes
Sur un dos d’âne,
Tu as deux coeurs,
Plus d’estomac.
Tu es chez toi

24 septembre-24 février

Le mur a des oreilles
L’homme a des oreilles
Le mur a quelque chose d’humain
L’homme a une bouche en plus
Il n’est qu’à moitié mur,

Au chat qui fume

Nuit
Il n’y a ni haut, ni bas
Ni gauche, ni droit
L’étincelle d’un flocon de neige,
Et tout s’éclaire

Je vois des choses,
Éléphant rose
Au fond de ma tasse
Dans le nuage de lait,
Un coup de touillette
Magique,
Paréidolie,
Pêle-mêle,
Je lis,
Le début d’une patte,
L’amorce d’une tête
Hejnal
Fatal
Coup de cuillère en bois
Dans le puzzle,
Dilution
Dans le néant
Du café tiède
De mon Bastet chinois.
Miettes de croissant…

Jpeg

Vendredi, c’est hoki

Halieutique
Outre le menu fretin
Des cheminées,
Le ban d’étourneaux
Les tuiles sans fin
En poissons rouge-brun,
Plaque de zinc tuyautée, couvercle enroulé d’une boîte de Connétable
Crapaudines
En bouchon
Sur les gouttières,
Santiago
Ramène
Un râteau-télé,
Le bulbe d’un clocher
La tête du curé,
Si en décembre,
La chose,
Corbeau en étamine,
Plume d’autruche
Piquée au flabellum
S’épanouit
Sur le shako,
Amaryllis

Jpeg

Augenblick

Tu es une princesse
Avec lit à baldaquin,
Pour le ciel,
Jeeves soulève
Le toit
Sur la toile,
Berger,
Il laisse pâturer
Les moutons,
Tiens, ce nuage,
Avec ses petites pattes
Et sa tête noires,
C’est Shaun.
Je compare
Le ciel, avec
Les yeux de Jeeves,
Qui se penchent,
Oú se sont
Enchâssées,
Deux pièces
Du puzzle,
Changeant,
Qui ont volé,
Rires
Aux éclats.
Si tu vas au bord
De la mer,
Tu trouveras
Ces vagues,
Avec un peu moins d’écume,
Deux goémons manquants
Et un coin blanc,
Où la peinture cyan
A sauté,
Poussière de
Porcelaine
Qui a jeté
Son dévolu,
Regard du
Gardien
De troupeau

Le cil pour l’horizon,

Sous la paupière,

L’eau, l’air,

Brins de fil

Sur l’écheveau

Jpeg

22 septembre 2022

Hier au soir
Le dernier jour de l’été,
Et dans la nuit.
Je corne un carreau,
La page où
Je me suis arrêtée
Dans ma lecture,
Si je le marque
D’une pierre blanche,
Je pourrais le fendre,
Alors, le pli
Dans le verre,
La rose
Des nuages,
L’air immobile
Du soir,
Moins qu’une brise,
Mais orangé,
Un voile
Sur la face
Du soleil
Qui descend.
Jeeves me confie
Sa chaînette
Aux médailles,
Que je garde
Tièdes
Au foyer
De la peau.
Car je suis celle
Qui range,
Qui remet
Les choses
En place,
Lui est le mouvement,
Le bouleversement,
Les pièces du puzzle
Volent en éclats,
À peine établies,
Désordre juvénile,
Courant de son sang,
Le Sund,
Ce matin,
Il a grandi,
Ourlet
Des pantalons,
Soudain trop
Petits

Palais des glaces

Nuage d’eau douce
Sur les coraux,
Le sel de la vie,
Le laque
Des branches
Blanchit

Jpeg

Pain de campagne

Santiago est assis dans son bateau,
Sur une eau immense
Mais des flots
Je ne ressens aucune humidité.
Mais le soleil

Chez B-B Rezeau,
On vit le froid
Comme un chemin de froid
L’absence de bois dans la cheminée
Le salpêtre,
Jusque dans les draps,
L’eau est partout
Il pleut
Il vente sur les joues
Les bougies fument
Fils du mois de Novembre
De la guerre des tranchées
D’un dieu en parapluie et caoutchouc,
Toreador dans la boue,
Tout baigne

15 août
Tous les ans,
La lumière fait le saut de l’ange
Funambuler,
Un pied devant l’autre,
Sur la crête de l’été,
Puis, table de camping
Dont il replie les pieds,
Un pan,
L’autre,
L’automne
Range la montagne,
Et tu retournes
À la vallée,
Au jour encaissé
Entre les murs,
Slackline du bas,
Je ne tombe pas
Bras comme mes cuisses
De Jeeves

Scheib’ Brot

Combien rassurante
La parole fixée
Dans son herbier,
Entre papier mat,
Feuille translucide,
Bonne, mauvaise
Herbe,
Elle ne varie
Pas d’un iota,
Tu la tournes
Entre tes doigts,
Lettre morte,
Son exsudat,
Sans poix,
Sec,
Le dard,
La rose
Et son nard
Pâlissent.
Flash de magnésium,
Éclair,
Crépuscule
Dévié
De son cours,
Ils retournent
Au noir obscur,
Sans un mot,
Jacquemarts
En procession vers
L’envers de l’horloge,
Après le coup de maillet
Sur la cloche

La parole vivante,
Chair rouge
Sang de taureau
Griffe plantée
Dans la terre
Avant
De se planter
Dans un bras,
La patte
La main rose d’un rat
Dans ces membres,
Pourvu qu’ils ressemblent
À la cerise
D’un coeur,

S’asseoir en silence
Sur le ban de nage
À côté de Santiago,
Personne sans existence,
Beau parleur
Aux poissons
Qui suivent sa ligne,
Manolin