ce que vos yeux vairons

Mois : janvier, 2017

En gare de Metz

En son tombeau lourd,
Un cénotaphe, un wagon
Ouvert. La lumière.

Demain, il fera de nouveau nuit

Il n’y avait rien
D’autre que les deux bras qui
S’ouvraient monotones

Et se fermaient, lent
Métronome, rien d’autre que
La nuit, dont les noirs

Dans les phares se
Trouaient. La pluie sur le pare
Brise. Son cliquetis.

« Like a bridge over trouble water »

Les haubans vibrent
De vent, du roulement des
Essieux. Harmoniques.

Die Brücke

Un mur qui se couche,
Qui relie, et plus n’empêche.
Sagesse de l’abscisse.

Through the night

Franchir. Le pas d’une
Aiguille. Lancer une flèche,
La cible prend feu.

Par AC AceKa

La nuit. Etire sa
Pâte jusqu’au bout de la.
Jusqu’au bout de quoi.

Doigt d’honneur

Un doigt à genoux.
Sur un mouchoir blanc, l’opprobre
Lavé dans le sang.

Une main

Phalanstère de doigts
Convoqués au chapitre.
Une vie réglée.

La courtisane et le sultan

ça va swinguer au
gynécée, Roxelane est
au top. Козачок.

Haka

Devant lui l’en-but.
Rien n’arrêtera dans sa
Course un Miura.

Mathématiques et biologie

L’équerre de son bras,
Sur la cassure du coude
Je pose mes doigts.

Sous eux, la ridule
Tiède et bleue d’une veinule.
Lire son sang en braille.

Sur le sang, où la
Peau se chauffe, où mes doigts gourds
Somnolent. Bienheureux.

Transmutation

Dans le creuset de
Mes paumes, de la cendre et de
L’eau. Berceau d’un verre.

Double débrayage

Les deux mains
Sur le clavier,
Contrôler
Le pédalier.
Laisser filer.
C’est une cantate.

La mal élevée

La vieille mendiante a
Faim. Je lui offre une rose.
Elle me tourne le dos.

J’ai faim

En vérité, je
Vous le dis, commandez et
Dieu vous servira.