ce que vos yeux vairons

Mois : juin, 2015

Oiselet

Enfançon d’oiseau,

Petit merle, casaque

De plumes bises.

Libre comme l’air

Vole au vent, petit

Cerf, romps ton amarre, et lance

Ton brame aux nuages.

Les orties

Herbes ni

Folles ni

Mauvaises,

Elles ne plaisent

Pas, ou au seul fol

Dont elles brûlent

Les doigts.

Urwald

Je suis d’un autre

Temps, lent, reclus volontaire

En son seul désert.

Neander

Recroquevillé,

Il scrute les flots, dos à

La mort. Ils sont là.

Tesselle

Une historiette, telle

Une gommette de céramique,

Petit rien d’un tout.

Les sandales

Temps des talons en

Sang, suppliciés sur l’autel

Des dieux de l’été.

Etre une Véronique

Recueillir sur un

Suaire la sueur amère

De son supplicié.

Carcan

Guipure

Enraidie

De la fraise

Qui se noue

Au cou

De la belle

Hiératique.

Les lanternes

Lumière nacrée

Des nacelles de papier

Voguant silencieuses

Sur le laque sombre

Du ciel de la nuit.

Viatique

Petit diabolo,

Grenadine et menthe à l’eau,

Lunettes et chapeau.

Les Roche Martin

Mon doigt chante sur

Le cristal de la flûte,

Jusqu’à la fêlure.

Stratus

Les nuages, à la

Dérive paresseusement,

Des cieux la banquise.

Les veuves

Claires nuits de juin

Qui ont ôté leurs sombres

Sarreaux endeuillés.

Ambruns

Nos joues roussies par

Un soleil en perce et nos

Peaux ombrées s’échauffent.