ce que vos yeux vairons

Mois : mai, 2015

Ingrain

Je lisse du bout des

Doigts sa douce échine en dos

D’âne, son plan-relief.

Très douce Irma

Bergère d’un troupeau

Immobile et chatoyant,

Lys, iris, lilas.

Les étangs

Ni mer ni mouette

Sur mes rivages, un moineau

Et une roselière.

Les bruyères

Tweed marron mauve qui

Etend son tartan sur les

Tourbières en deuil.

Grande plaine

Des lèvres gercées

Du sel de leurs pleurs  s’élève

Un murmure. Ecoutez.

Wounded Knee

Neige rouge sang

Pour dernier linceul, le ciel

Pleure ses enfants.

Bel oiseau

Zig-zag noir et or

Du merle qui strie l’air et

Se fend d’une trille.

Pluie

Perle d’eau roulant

Sur la joue veloutée d’un

Pétale de pivoine.

Au pré

Tresses d’herbes, fagots

Mauves d’ancolies, fillette

A son éventaire.

L’annonciation

La nuit se retire,

Les deux merles troublent à

Peine le jour qui point.

Savons

Colonnette cireuse

Qui élève son céladon

Vers des plafonds vides.

Méridien

Sur les rives de la

Spree, un jardin castillan,

L’argile d’un Lorrain.

Les lumignons

Soie noire du ciel au

Soir, pointillé des étoiles,

Nuit en guirlande.

Le nénuphar

Egarement du

Ciel semant sur l’eau une pâle

Etoile, un nuage.

Amarres

Mon ermitage vous

A pour toit, l’enclos de vos

Bras, mon horizon.