ce que vos yeux vairons

Mois : juin, 2017

Le courrier du Tsar

Plexus brachial

La hanse gauche

De mon bras, bras de mer, non

Bras de merde, oui.

De l’automne

Sur la feuille, il y

A déjà un filet brun,

A l’été, l’annonce

Super nova

Un jour, le soleil

Enflera, le charbon de

Sa forge sur ma peau.

Géhenne

Je me déchaîne et

Je dépose vos bracelets,

Ébène, ivoire et

Gimmick, lazzi und so weiter

Mouron

Que comprennent de nous

Les oiseaux, pas même la graine

Tendue dans la main.

Toumaï

Coupés, les mots crus

Au couteau, tas de viande à

La barbare. Mâcher.

Tabula rasa

Le signe de ma

Compromission, porter le

Turban en rouelle.

 

Triangulation

Trois pointes, il manque un

Clou pour en faire une croix,

Le fer de la lance.

 

L’aile

Carrosser, coup à

Coup la feuille d’acier, sa

Forme non emboutie.

Check-list

Du peu que lui dit René, Hedda ne garda pas la trace des mots. Elle savait déjà.

Elle conserva au fond de sa poche le mouchoir plié de leur petite musique.

Stille Nacht

Dans la rue sans bruit,

Une voiture. Un pli sur

Le lé du silence.

Veillée d’armes

Vint le matin.

Un petit matin, entre le gris et la fin de la nuit, le ciel n’avait pas encore décidé.

Il ne s’était pas encore mis au bleu.

Trop tôt.

Hedda était là.

Et bien avant elle déjà, René.

« Tu as le temps, Hedda »

Les préambules de René.

Ses phrases maigres, les adjectifs, pour faire joli, il ne connaissait pas.

Et elle aimait ça, Hedda.

Il ne lui parlait pas de la pluie ni du beau temps, pas de conversation de salon entre eux.

« Tu as dormi ? »

Hedda ne répondit pas.

Il répéta.

« Tu as dormi un peu ? »

« Un petit peu » dit Hedda

« Ton un peu, c’est quoi ? »

« Un peu, beaucoup, pas du tout ? »

Les yeux d’Hedda lui dirent ce qu’il avait besoin de savoir.

Des cernes creusaient le haut de ses joues.

« Combien de cafés ? » demanda René

« Beaucoup »

« Ne dis rien, René »

René ne dit rien.

Il commença à charger les sacs de ciment, l’avion s’alourdissait.

La carlingue était ballastée jusqu’à la gueule.

Une arche, et son lest de poussière à faire décoller.

Alles gut

Mon cher frère,

Je vous écris, vous ne me lirez pas.

Nous, deux grands ensembles vides, deux grands enfants, dont les cercles se croisent et se brisent enfin.

A la jonction, vous êtes là, nous ne sommes plus des singletons.

Nous nous disons.