ce que vos yeux vairons

Gérald E.

Acheter. Un tableau. Je reste sur le trottoir, et je regarde. Le peintre est là, dans la galerie. Son monde, autour de lui, son extension. Et moi, qui en voudrais une partie. Je n’entre pas, la peur. Et s’il ne voulait pas de mon argent.

La gabelle

La nuit, mon pays.
Je lui montre mes papiers,
Elle me laisse passer.

Turckheim

Il a plu. Le pas
Du veilleur de nuit sur les
Pavés. Et la brume.

Wunderland

La friche, ses promesses
De bestiaire mystérieux, de
Fleurs, les rêver.

Oldtimers

Un vieux, une vieille, deux
Kaolins craquelés, les
Lire entre les rides.

Vendrediesirae

Vade retro

Satan, en un beau
Tonneau barriqué, dégage
De mon oreiller.

Oliban

Satan, mon encensoir. Sur sa peau de lapin, un peu de Guerlain, aujourd’hui, demain, Bel Ami, sa fourrure en habit, qu’il promène, de cuir en santal.

Parce que c’est eux, parce que c’est moi

Pourquoi, parce que

Standing by your stainless Himmelmann

« The fatal glass of beer »

Mercredi, la pénultième.
Vivre à crédit, anticiper sur l’héritage.
Du vendredi.
S’accorder une tranche de ce gras et extraordinaire garçon, dont il m’eut été agréable de faire mon ordinaire.
Car, n’aimant ni les chiens, ni les enfants, il eut fait assez bonne figure, dans mon salon, entre ma sale bête, le très justement bien-nommé Satan, et ma bergère, qui rend, et l’âme, et sur l’accoudoir, sa bourre de coton.

« Albert est méchant »

Il n’y a pas qu’Albert.

Satandrir, Satandropire

Le chat. Cette étrange personne qui ne se dit pas. Qui se miaule, allez savoir pourquoi. Qui vous parle à coups de patte, qui frétille de la moustache. Qui vous considère, vous méprise parfois, de ne pas parler chat.

Tief atmen

L’écran est là.
Devant moi.
Un peu penché, comme une psyché.
Le clavier, et ses touches carrées, noires, un quadrillage de plastique, l’empreinte d’un gaufrier.
Mes doigts gourds qui tapotent pour se réchauffer, la pièce est froide, de ma main coule une pâte épaisse et dure, celle de mes doigts raides.
Cela ne donnera rien.
Coucher la psyché sur le gaufrier, cela ne donnera rien, une pâte morte, comme ces pâtes à sel.
Jolies, brillantes, mais dures sous la dent.
Attendre.
Ne pas s’impatienter.