ce que vos yeux vairons

L.E.M., module 3

Le petit bras de l’étang, un peu à l’écart.
Celui que je préfère.
Celui qui pousse sa rive, le liseré de sa roselière jusque sous les racines des arbres.
Qui se couche sous les fenêtres du vieux corps de ferme, isolé comme seules peuvent l’être ces fermes du haut-Jura, un peu plus haut, au sommet du raidillon, le calvaire, un Christ à tous les vents, qui rouille, toujours la même toile d’araignée qui pendouille sur le côté, je redescends, et je m’attends à voir débouler la veuve Couderc.
Mais tout est silencieux, la passion, les passions, celle des oiseaux tumultueux, et de ce petit Golgotha aux champs.

L.E.M., module 2

Être berger, suivre avril, ses saisons, son moutonnement, dans les champs qui osent, pays d’Oz, les verts et leur explosion, et le ciel qui fond son azur sur l’étang.

L.E.M., module 1

Vous écrire.
Comment dire.
C’est un peu comme contempler fra Mauro, en se disant que l’on ne pourra pas alunir.
Mais revenir.
L’étang est une lune.
Tracer sur ses berges, des cercles concentriques.
Voilà qui m’importe.

Autour de l’étang, segment 28

Un cygne, en majesté.
Sous l’eau, son reflet, comme une quille, un bout d’étambot.

« Parallaxe », branche de mirabellier

Jpeg

Autour de l’étang, segment 27

L’heure, paresseuse.
Un pêcheur somnole, à l’ombre blanche du calicot de son parasol.
L’étang lui appartient, je ne suis qu’un promeneur.

Et si

Lop Nor, Aral, et si demain je te retrouvais mare, étang agonisant, si après le raidillon, il ne restait plus qu’un trou noir, sans le miroir de l’eau, et le bruissement des roseaux.
Je resterai à ton chevet.

« Que voyez-vous, Carter ? »

L’étang, ce matin, un Turner de brumes, étincelant, d’or, le soleil, et l’argent, le soleil s’assombrissant, une merveille, je retiens mon souffle, le plus longtemps possible, mon apnée. Je voudrais que rien ne bouge, et mes poumons brûlent. L’enchantement prend fin, l’expiration de mon pari fou.
Je reviendrai.
Demain.
Bientôt.

Les dentelles de Lefkara

Le même motif confié, d’araignée en araignée.
Accroché, gouttelettes de rosée, entre deux herbes, au tuyau-éventaire des roseaux.
Aucun insecte, pour boire à ces perles d’eau.
Il est tôt.

Sous l’excoriation

Aiguë dans la chair,
L’écharde du souvenir,
Le passé, perçant.