ce que vos yeux vairons

Glauque

Le poivron rouge, et
Vert. Regard primaire, mais la
Photo est binaire

Pas mûre

« Un jour sans fin »

Prends ton temps, mille ans
Si tu t’adosses au tronc d’un
Séquoia qui pousse

Le fleuve

Son courant puissant.
Vers les berges où il s’apaise,
Se mue en mer d’huile,
Un moïse de feuilles,
Où sèchent des fleurs de
Nénuphar.
Sur le radeau
D’une tong, une grenouille
En plastique, hiératique
(pas de plouf dans l’eau)

Melon brodé

Auréole qui ceint
Le coeur de pépins, pécheur
Et saint sous l’écorce

Orage de grêle

Le globe d’opaline
De la lampe à pétrole se
Brise. Tout s’obscurcit

Une pampille fond, et
Le lustre se désagrège
Un nuage de perles

Melon

Air, Pierre Attaingnant

Mur, béton et verre
Merveille de la plaque de rue
Bestiaire médiéval

Calendrier

En plissé soleil
Décembre et janvier nez à
Nez. Monozygotes

Anachroniques

Tu ouvres l’Aurore
L’aube a un nom de princesse
Ivoire des nouvelles
Du jour

Bud

Bouteille de bière
De bord de mer démantelée,
Un tas de billes baroques, ambre au sel,
De ces verres sablés par des années de lave-vaisselle
Et elles ne tournent pas rond, calots voilés.

Reconstituer le flacon
Un panier percé, vacuité, trop de bouts manquent

Un enfant au rouet, carde le goémon,
Il cherche la lettre, le message iodé,
Défait ses chignons, longs phylactères,
Rubans télégraphiques, dont le chiffre,
Amas de tellines en croix,
Désignera l’endroit où chercher,
Poste restante, le courrier

Mettre de l’ordre dans
Les filaments d’algues déchiquetées.
Codex lacunaire