ce que vos yeux vairons

Mois : juin, 2017

L’aile

Carrosser, coup à

Coup la feuille d’acier, sa

Forme non emboutie.

Check-list

Du peu que lui dit René, Hedda ne garda pas la trace des mots. Elle savait déjà.

Elle conserva au fond de sa poche le mouchoir plié de leur petite musique.

Stille Nacht

Dans la rue sans bruit,

Une voiture. Un pli sur

Le lé du silence.

Veillée d’armes

Vint le matin.

Un petit matin, entre le gris et la fin de la nuit, le ciel n’avait pas encore décidé.

Il ne s’était pas encore mis au bleu.

Trop tôt.

Hedda était là.

Et bien avant elle déjà, René.

« Tu as le temps, Hedda »

Les préambules de René.

Ses phrases maigres, les adjectifs, pour faire joli, il ne connaissait pas.

Et elle aimait ça, Hedda.

Il ne lui parlait pas de la pluie ni du beau temps, pas de conversation de salon entre eux.

« Tu as dormi ? »

Hedda ne répondit pas.

Il répéta.

« Tu as dormi un peu ? »

« Un petit peu » dit Hedda

« Ton un peu, c’est quoi ? »

« Un peu, beaucoup, pas du tout ? »

Les yeux d’Hedda lui dirent ce qu’il avait besoin de savoir.

Des cernes creusaient le haut de ses joues.

« Combien de cafés ? » demanda René

« Beaucoup »

« Ne dis rien, René »

René ne dit rien.

Il commença à charger les sacs de ciment, l’avion s’alourdissait.

La carlingue était ballastée jusqu’à la gueule.

Une arche, et son lest de poussière à faire décoller.

Alles gut

Mon cher frère,

Je vous écris, vous ne me lirez pas.

Nous, deux grands ensembles vides, deux grands enfants, dont les cercles se croisent et se brisent enfin.

A la jonction, vous êtes là, nous ne sommes plus des singletons.

Nous nous disons.

Philippe

Rien n’est linéaire

Chez nous, mon frère, fatras de

Routes, et leurs brisures.


Zollgrenzen

La nuit, un pays,

Je m’adosse à la pierre

Noire de ses bornes.

 

Feux d’artifice

La nuit, la contre-

Bande, acheter du sommeil

Sous tous les manteaux.

Oui

A tue-tête

Vous êtes de ces lieux

Silencieux; l’arrogance de

Vouloir vous troubler.