ce que vos yeux vairons

Pattes de mouche

Dans la cuisine.
Ils pendent, en tresses.
Ou légers, solitaires de papier.
Les calendriers.
Le vent parfois les soulève, les renverse de leur clou, de leur punaise.
Ils brillent.
La graisse des doigts.
Paillettes de mica, les mouches de l’été les ont poinçonnés, encre de leur crottes en amas, petits faufilages noirs qui disent l’abondance de juillet.
Les insectes, ivres de tout.
Ils ont disparu devant l’automne.
Mais je les devine encore, je les lis sous mes doigts.
Je sens leur bourdonnement.
Bientôt, d’autres calendriers, et les mouches reviendront.
La première à voleter sonnera le glas de l’hiver.
J’attends.
Relire l’été.

Gestern Abend

Mon année dernière, mon année. Derrière. Ne pas m’en détourner, au contraire. La garder. Regarder en arrière. Toujours, et souffler sur la poussière qui voilerait mon petit reliquaire. Je suis ici, et là, tout entière.

L’arpenteur

Hier nuit, vous auriez vu le ciel. Une devanture, chez Tiffany. Des velours où scintiller, des pierres lointaines et pâles. L’avez-vous vu, ce plumetis d’étoiles. Je le crois. Vous sillonnez leur pré.

Un grand pas pour elle

La petite souris
Est sortie tout gentiment,
Trotti, trottinant.

Voilà

Je m’étais mise à
L’abri de vous, cher soleil,
Votre patience, me

« Journal d’un homme heureux »

Se pencher sur soi comme sur une battée, et voir, le coeur battant, briller parmi le sable, les grains grossiers dont nous ferons notre or.

La charge de la brigade légère

Sur mon visage, la morsure inattendue, l’ardeur d’un buisson ardent, celle d’un printemps qui ne renonce pas, qu’aucun hiver ne force à rentrer dans ses terres.

Les poches à l’automne

Quel est ce sursaut,
Ce repentir de l’été
Avant l’hiver, faire

Printemps

Papier-pain, brisures
De marron, flonflon de la
Neige, manège du

Ses parcloses

Son tain translucide,
Paravent de papier de
Riz. Sulfurisé.

« S’abandonner à vivre »

C’est peu de chose

Une hirondelle, pour
Refaire le printemps, et je
Vole, mes chers parents.

It’s a long way to Tipperary

Libre, comme Job. Et maintenant. Veuillez vous essuyer les pieds avant de monter sur mon modeste tas de fumier. Soyez sans crainte. A tous les étages, eau, chauffage, électricité.

Vu chez Luc Dewaele

All the technique in the world doesn’t compensate for the inability to notice. Elliott Erwitt

via Real diary (370) — Luc Dewaele, dagboek

« Fields of barley »

Ce sont, aux arbres,
Feux immobiles du soleil
Assoupi. Lampions.