ce que vos yeux vairons

Candélabre

Laque cinabre, l’aube
Sur l’étang, cire rouge
Des roseaux en cierges

Ombres, depuis le temps

Je n’avance qu’à couvert
Il me faut des haies, des jubés, des halliers, de la lisière à épines, dense
Vous regarder par l’entrelacs de mon judas de branches, silhouette découpée, le contre-jour, et le soleil
Ma stricte observance

Roquette

Fatiguer la salade
Sur la main, l’huile
Sur la gerçure, le vinaigre creuse son chemin,
Sont-ce les mots acides que notre peau retient ?
Les doux glissent, ceux que l’on oublie, dès que reçus,
Ce qui reste, l’amertume d’une feuille,
Et la brûlure, le vinaigre est grégeois,
Sous le bout du doigt

Répétition du motif aime

Les franges d’un tapis
Je suis un animal à griffes
La croûte d’une tarte
Plus que ses fruits
La parclose d’un miroir
Les confins du reflet sont franges d’un tapis

La mienne

Le centre lisse
Du miroir, limes de la
Brume. Sa parclose

Dégagée

Ma peau d’âne d’ailes, d’yeux
Facettés est tombée, la
Nuit, insectivore

L’Écho du Cauchemar

Un entonnoir noir
Aux parois lisses du sucre
Je suis un insecte

Point de rosée

Un poème long, avec une foule, un décor
Rien d’austère, de la couleur, de la lumière, des animaux divaguent
Des mots plantés serrés, tu pourrais te cacher
Derrière chacune de leur tige,
Je t’observe, un arbre croît pour cela,
Il me fallait un tronc, pour disparaître,
Et la terre a tremblé, d’un mouvement du poignet,
J’ai secoué la feuille, sol où tu te tenais,
Je suis tombée, toi aussi, parmi les décombres,
La forêt est désenchantée, les gens, fétus sous les fûts,
Les animaux vont les dévorer, je ne maîtrise pas tout,
Le poème a ses limites
Tu as disparu

Du

Le jour passe je n’ai
Pas parlé au coeur de l’homme
J’ai perdu mon temps

Les mûres

Teinture des baies noires
Sur le menton, dans les ronces,
La Polynésie