ce que vos yeux vairons

Catégorie: silence

Ci-dessous, de quoi écrire

 

 

Ceci est une page blanche

Vous pouvez

Ecrire,

En faire un avion en papier,

Les deux

 

Une araignée

Son menton tremble,
Sa mantille, traversée par
Le vent, un monarque.

Veulent plus rien dire

Ces mots. Voilés comme
La roue d’un vélo. Qui ne
Tournent plus rond, ne

Torrent

De la lisière de

La forêt, jusqu’à « Jolie

Monnaie », suivre le

Siméon

Au désert,
Où sont
Chapelles
A ciel
Ouvert,
Où poussa
Un fol
Sur son cierge
De pierre,
Les jardins
Sont
Vides.
Les hommes.
Leur houle
S’est retirée.
Le vent
Ne soulève
Plus que
Des nuages
De sable.
L’encens
S’en est
Allé.
Les colonnes
Se descellent,
Et tombent.
Sur l’église
Décharnée,
L’ombre
D’un euphorbe
Solitaire.
Chandelier
Silencieux,
Qui se tord
Vers les cieux
En une couronne
D’épines.

Écartelé

Chevaux ahanant.

Un corps se rompt, dispersé.

Une rose des vents

En formation

Elles étaient là.
Elles étaient quatre.
Quatre biffins qui glanaient les champs gelés.
Soleil rasant.
La nuit l’étang grondait et bouillonnait.
Les oies étaient là.
Elles étaient prêtes.
Pour le départ.
Nourrir les oiseaux
Qui resteraient.

Fromveur

Un phare, aiguille de
Pierre, monastère d’une mer dont
Je suis le seul frère.

Cent fautes

Ecrire la ligne
La plus longue de soie à toi,
Patience du pêcheur.

Transatlantique

Hedda écrivait de longs courriers, destination de l’autre côté, du papier blanc, des adresses inventées, des billets de soute qui prenaient l’air, voyageurs non accompagnés.