ce que vos yeux vairons

Catégorie: Regenbogen

« Parallaxe », Nubian Nemo

Jpeg

Ébénisterie

L’exercice.
Les gammes rêvées.
Se savonner d’abord les doigts, au jus, à la pelure d’agrume.
Une petite flaque de térébenthine sur le plateau du bureau.
Laisser boire un peu le bois.
Et laisser ses mains s’imprégner.
L’éventail des doigts, comme autant de mouillettes du plus particulier des parfums.
Passer de pièce en pièce.
Les encenser.
Tenir jusqu’à la fin de la journée, au moins.
Sans se laver.

Tenir

Zone blanche

Am Rande der Welt,

Siegrund und Siegehart, Zeit

Zuhause zu sein.

Ma vie au grand soleil

Désert, ton terreau
Sec qui tend à la pluie son
Poing où point une rose.

Souléger

Un poids contracté,
Moins lourd qu’un regret, un air
Léger. Une chanson.

Nova

Le soleil
Son bourgeon
Beurre pâle
Sur la tête
Du grand sapin
Ouvre
Son ombrelle.

25 ans après

C’était une plage.

Le sable était froid.

La mer était froide.

On ne s’y baignait pas.

Elle portait un tout petit manteau jaune.

Et un pantalon fleuri.

La photo aurait été en couleur, on y aurait vu un poussin dans une prairie.

Elle jouait.

Un seau, du sable.

A l’ombre d’un grand cube de béton.

L’ombre l’emportait.

Une ombre venue de loin.

Un matin de juin.

Un matin froid.

Presque l’été.

La rencontre

J’ai beaucoup volé. Et pourtant.
Hier.
Au rayon des fruits et légumes.
Une planète, et l’un de ses lieutenants.
Une main s’est posée sur mon bras.
J’ai tourné la tête et j’ai cherché.
Je n’ai rien vu.
Il fallait juste se pencher.
Et je l’ai vu.
Un djinn, un farfadet.
Une petite fille difforme, tordue comme un tronc.
Elle bavait beaucoup.
Elle souriait beaucoup.
Elle avait de beaux cheveux tressés.
Elle faisait peur, mais elle souriait.
Un lutin.
Se souvenir que dans les contes de fées, les lutins sont malicieux, un peu tordus, c’est vrai, mais c’est parce qu’ils viennent d’ailleurs.
Ils ne sont pas dangereux.
Ce sont des messagers.
Alors, je lui ai dit, puisqu’il est d’usage de se saluer, entre trolls:
« Salut, moi c’est A. Et toi, comment tu t’appelles ? »
Un homme âgé s’est avancé.
Son père, peut-être.
Celui qui l’accompagnait.
Il m’a dit « Elle s’appelle Claire »
Quel homme clairvoyant.
Ce prénom lui allait comme un gant.
Elle n’aurait pu en porter de meilleur.
On a discuté un peu.
On était content que le magasin soit ouvert, qu’il y ait peu de gens.
Claire pendant ce temps s’était dirigée vers d’autres caddies, et touchait d’autres bras.
Je crois qu’elle a touché un caddy anglais.
La dame a dit « It doesn’t matter »
Puis Claire et l’homme se sont dirigés vers un autre rayon.
Avant de partir, je les ai salués.
Comme il se doit entre trolls.
Je reviendrai faire les courses ici.
J’espère qu’ils seront au rendez-vous.

Les bêtes de Somme

La terre but les pères,
Mein Bruder, erschossen wie
Ein Wild. Einsamkeit.

Sans gravité

Vol en parabole,
Jonas en sa baleine de
Fer, léger comme l’air.