ce que vos yeux vairons

Catégorie: poésie

Mon pays

Où l’on passe, où l’on
Ne s’arrête jamais, ça
Fait peur, noir de crasse.

Cargo de nuit

Souvenir
Lointain
D’un appel
De juin,
Le mien
Silencieux,
Et fol
Quête
Le soulèvement,
Au coeur
De la foule,
D’un coeur
En houle
Dont le battant
Sonnerait,
Enfin,
Envolé,
Son bourdon.

Silence radio

J’écris au vent et
Mes avions de papier qui
Vont muets voguant.

Songe

Exhalaison

Du souffle

Du monde

Sur le verre

De mes mains.

Paraison

Du rêve,

Demain

Est hier

En hiver,

Le regain.

Pendentif

Le grelot

Régulier

Et doux

D’une chaînette

Qui pendeloque

A votre cou,

Egrène

Temps court,

Temps long,

La scansion

De votre sommeil,

Mesurant,

Implacable,

Le déroulé

Interminable

De la veille,

Qui me jette

Comme malfrat,

Dans les bras

Blêmes

D’un autre

Matin

Froid.

Le temps des cerises

Aux oreilles

Des petites

Filles,

Il suspend,

En balanciers

Délicats,

L’incarnat

De ses cédilles.

Camera obscura

Lumière

En deuil

Sur le seuil

De l’hiver.

Cortège

Lent et

Noir

Des nuages,

Barrant de

Leurs brassards

Le masque

Mortuaire

Du soleil.

Cassiel

Quand le fiel

Se repend,

Miel se fait

Et se répand.

La folle enchère

Ce jour singulier,

Où avec panache,

Poches trouées,

La vente

Vous avez

Confisquée.

Et payé

Le prix

D’un Ming

Un grossier

Petit vase

De Chine

Autels particuliers

Y loger ses petits dieux facétieux et hilares