ce que vos yeux vairons

Catégorie: poème

Débâcle

L’hiver,

Avent

Du printemps,

Paravent

De neige,

Va

Cédant,

Au perce-vert

Du brin

D’herbe,

Qui troue

Son caillé

Grège,

Et lentement

S’étire

Au soleil

Naissant.

Hammam

Moiteur qui fige

Les corps et les fond en une

Cire suintante.

A été

Sous le dais ombreux

Du platane, plomb du soleil

Et chapeau de paille

Bibliothèque

Sous le cuir

Usé

Des couvertures

Brasille,

Epaisse,

La lave

Dont

Elle fait

Parfois

Son enfer.

Eaussuaire

Mon ensorcelée

Kitège,

Ma solitaire

Ennoyée,

Ombre grise,

Laisse le

Errer

Et se prendre

A ton piège,

Gardien

De tes feux

Engloutis.

Désertion

Se soustraire

A la rumeur,

Atteindre,

Dépouillé,

Sa thébaïde.

Un clochard

Crasse en tatouage,

Flétrissure de la misère,

Ses yeux, sans regard.

Choeur antarctique

Catabatique,

Le vent

S’éreinte,

Rugissant,

Sur le flanc

Impassible

De son théâtre

De granit.

Il cingle

Le rideau

De neige

Qui se lève,

Griffant

Le plateau

Vide,

Et se gonfle,

Monocorde,

En un soliloque

Mugissant.

L’envie

Acide puissant

Qui corrode

L’anode

De toute raison.

Aléoutiennes

Pas japonais

En cordon

Menant

Aux lichens

Du jardin

Oublié

De l’océan.