ce que vos yeux vairons

Catégorie: pluie

Troménie

La concession ne durera pas
La bruine est froide, et le vent cisaillant chasse les derniers pêcheurs, mes sharing partners
La couronne de l’étang est vide
Personne, les cabanes, comme autant de gemmes qui la sertissent, ont le ponton relevé
Je suis seule, avec le mauvais temps
Silhouettes vertes, et immobiles, félins à l’affût parmi les touffes de roseaux, les pêcheurs, silencieux, se sont diluées, la pluie
L’étang répond à mon désir, balance à fléau, son plateau penche en ma faveur
Mais la concession ne durera pas
Le temps varie

Tarauder

Dans le fort intérieur, ce qui s’y cèle.
Le silence.
Gratter un moellon, le ciment se descelle.
Laisser passer, le vent.
Entre deux pierres, un peu de terre.
Et celle qui point.
Un point vert.
Un foret.
De l’herbe, et sa semence.

Une araignée

Son menton tremble,
Sa mantille, traversée par
Le vent, un monarque.

Les bêtes de Somme

La terre but les pères,
Mein Bruder, erschossen wie
Ein Wild. Einsamkeit.

Les berges

Les sapins noirs, comme des mats. Les serres de leurs racines dans la chair froide des fougères brunies de froid. Le ruisseau gronde la rouille de son eau et sa tourbe sombre, où se regardent les voiles lourds des nuages, gris comme vieillards.

Une trembleuse

S’assemblent
Sur ses rayons
De soie
Des perles
D’eau,
Monture
Gracile,
Un battement
Du vent
Rompt
La maille
De la parure,
Sur l’herbe,
Les brisures
Des gouttes,
Les écheveaux
De fil,
Une toile
Désordonnée.

En découdre

Le grand arbre

Pousse son aiguille

De bois jusqu’au ciel,

Son écharde en troue

La peau qui saigne

Sur la terre

Le sang pâle

D’un nuage.

 

Ravenne

Marée basse, l’estran

Se pave de tesselles de

Nacre et de mica.

L’ondée

L’air lourd imprégné

De l’odeur chauffée des pierres

Au feu de l’orage.