ce que vos yeux vairons

Catégorie: ombres

Vertige

Un tronc creux, écorcé, vernis au tampon, pattes d’une hermine, et de ses aïeux, bail emphytéotique, l’arbre est occupé depuis, lire sur l’arbre, l’arbre généalogique de ses occupants, si longtemps
Avant l’hermine, il y eut, vois le lit de plumes, au fond du fût, une hulotte, un engoulevent
J’ouvre le vertico de bois sombre, ses reflets, auburn ici, dans un tiroir, une bogue, et sa châtaigne, clairs par là, Rosa sourit, un vent gris dans ses cheveux, la photo blondit, rosit, je passe ma main sur son ruban, qui bat, lent, les ailes d’un papillon, le retenir, les noirs et blancs d’un Trauermantel, et la photo se fige, sa cire a coulé si vite, m’a-t-elle brûlé le doigt, pas une cloque, ni chaud, ni froid, le rêve passe, sans laisser de trace. Un tronc creux

Variation

Ce que je vis
Ce que je lus, mouvant, obéissant aux mêmes lois que ces essaims d’étourneaux, qui se brisent, et se recomposent, différents

Remontant des ténèbres du papier, la poésie en cordée
Rangée de bulles, chapelet de perles, vertical, immobile,
À l’orient changeant

Constellations d’oeufs de poisson gris, agrégés en grappe le long d’une herbe
Groseilles rosées et translucides comme la porcelaine en grain de riz de la chair d’une joue

Sombre.
Le ciel s’alourdit,
Ainsi que ces grains de buis, noirs, pupilles de bois dilatées, qui roulent sans trêve entre les doigts des orants
Cerises rouges, blondes, noires, brûlées, grains de café

Je me brûle au poème, à son sable chaud, quelqu’un remue le poêlon à torréfier
Je n’avais pas vu écrits là, le tisonnier et son brandon

Nuit

À l’obscurité.
Distille, du noir, le coeur,
L’amande. Les essences

06/06

Je veux croire que les rochers sont restés roses,
Depuis la grande mattanza, de cette couleur
« Grès écrasé », pulpe pourpre des muscles dont
A coulé le suc, confiture, qui barbouille les hommes,
Qui flottent. Rose, couleur de pouponnière,
Les hommes appellent les mères, avant de faire le mort

Nuit

Matricielle. Mère de
Toutes les nuits, abreuve la
Peur, de son lait noir

Du verbe naît l’adjectif

Je lis « Il est mort »
Coeur de la phrase, qui bat,
Il est, autrement

Schwester

Qui, pour s’asseoir à
Votre chevet, une main fraîche
Posée sur le front

Coin de rue

Jpeg

Jamais, la nuit

Une gymnopédie,
Un homme-oiseau de Folon,
Roussette, sur fond rose

Quarte, quinte

Et la voilà, légère.
La fièvre, qui ne vous cloue pas au lit.
Enquiller, les jours, les nuits.
Traîner.
Tout est à demi.
Un ralenti.
Une cosse vide.
Le froid, entre la peau et le coeur.
Contenu.
Aux limites des couches supérieures.
Entre la peau et le coeur.
Comme s’il avait pitié.
Les os, épargnés.
Comme s’il faisait le distinguo.
L’engagement des Eparges n’aura pas lieu.
La fièvre.
Influenza.
Tourner cent fois autour de la tisane éventée.
Le tilleul a un goût de cendre et de carton.
En perce, le rhum qui ne réchauffe pas.
Écrire, se coucher sous le papier, sur les carreaux du plaid du canapé.
L’étang attendra.
Condoleezza.