ce que vos yeux vairons

Catégorie: mer

La neige, et juin

Jpeg

Standard-Island

Je fus sur une île, est-ce cela, une île,
Si encombrée, qu’il me vint vîlle, chose imprononcée,
Aux lèvres, les gens, les Jean, et Jeanne, et j’en
Fus une, l’île allait couler, il eût suffi
Pour cela, d’un Jean surnuméraire, d’un pied butant
Sur une pierre-bonde, et la baignoire de se vider
De son eau, et de ses hommes-mousse

Je fus sur une île si lourde de nous tous,
Que je l’entendis bêler, comme un mouton jeté
Dans un bain à déparasiter
.
Puis l’île se tut, rendue à son sort, vint son havre, la nuit,
Les Jean et Jeanne, repus d’elle, revenus au port, se sont endormis.
Je dors, bloom de la neige.

Bonsoir, Prince Dakkar

Jpeg

Indivise, géographie

D’un limes, à l’autre, lisière de la forêt,
Grève-frontière du rivage, avant la mer.
Et tout ce vert contenu, entre ces deux pôles.
Jacadi a dit « arbre ». En esprit je dis
Mousse, sapin, tilleul, l’émeraude de l’eau,
L’océan, dont les vagues sombres cassent et moussent,
Dissolvent son indigo dans la tempête.
S’étire mon pays, territoire au grand écart,
Je rêve, un fil rouge vert les réunit, recolle
La morcelée, celle au réveil que je suis,
Orpheline, de l’une et de l’une, ni terre, ni mer.
La nuit est finie, et tout se recontracte

Alcian

Le film est colorisé
À une lettre près, on pourrait dire qu’il est colonisé par la couleur
Colorié
Comme le cahier de dessins d’un enfant appliqué, rien ne dépasse, rien ne bave, les blancs, leurs ombres noires se remplissent de gros aplats de gouache, les uniformes verdissent, les pommettes rosissent, des étoiles de mer rougissent à la place du coeur, et des branches de corail moussent à la commissure des bouches
C’était le printemps, il y a la mer, son primaire bleu

Karfi

Une feuille est tombée,
Lourde, le robuste esquif de
L’amaryllis vogue

Échiquier en banquise

Jpeg

Tache d’huile

Parfois me vient la
Tentation de déborder
De ces trois lignes,

De leur adjoindre,
En remorque, un dinghy, et
Ses mutins. Pitcairn

Et/ (la révolte a
Été étouffée dans l’oeuf,
Manger un Bounty…)

Les heures creuses

Entre mes doigts-trémie, la graine du sable, des grains de buis, la plage, chapelet de gravier, et de verre dépoli.

Dort

Encore, et encore,
Sortilège de la porta
Nigra, tout en moi