ce que vos yeux vairons

Catégorie: Journalier

« J’y pense. Et puis j’oublie »

Le goût andalou de la première fraise.
Furtive, l’empreinte du cuir de la main du Marocain qui l’a cueillie.
Le sucre amer de sa sueur.

A la criée

Prise, jusqu’à la taille.
Un Centaure, derrière son tablier.
Jaune, la toile cirée.
Et ses mains, rouges et épaisses, qui brassent leur houille.
Un crassier de coques, de bigorneaux, et des paquets d’algues, un chanvre brun, des cordes de goémon.
Ses mains, cuites au froid, posées là, comme des tourteaux.
Et sa voix qui s’éraille dans les aigus.
Sa harangue, sa scie, monotone, « Je les vends, je les donne ».
Un port, et sa Madone.

L’arbre

Assis, dos contre
Tronc, se laisser aller au
Sommeil. L’abandon.

Moutons

Etre un berger du soleil, suivre les migrations de l’été, et rassembler la lumière.

Petite annonce

Ecri-vain
Crève-la-faim
Cherche mécène
Et sa fortune.
Prêt à céder
Huit doigts
De ses mains,
Deux lui suffisent
Pour tenir sa plume.