ce que vos yeux vairons

Catégorie: hiver

Liniment

Quel onguent, sous le
Turban Mamamouchi, les
Doigts, odalisques

Ajax, vitres

Pschh, vapeur de doigts, dans la bassine d’eau
Le chaud, puis le froid les damasquinent, volutes digitales, en filigranes rougis

Humeur vitrée

Mes mains, comme ces singes des sources chaudes engourdis, cramoisies

Agnès de février

En ces temps-là, les oiseaux ne s’approchaient pas des fenêtres, puis
Il y eut deux crépitements, parole de fenêtre
Le taptap aigu d’un bec, comme un pianotement d’ongle, sur un tableau, le fond d’une assiette
Le grésil, l’hiver, son sable blanc, son chant des dunes, le vent sûrement, juste avant que la grêle ne fonde
La buée d’un thé amer, noir, goudron d’un marc de feuilles déroulées,
Et le ruban de la cassette, la symphonie concertante, qui gratte, le haut-parleur mauvais, d’où se sauve, comme une guêpe d’un entonnoir rempli de sirop et de bière, la musique, vieux pull, dont on aurait usé tous les reliefs

« Tous les matins du mondes », l’attente

Jpeg

Jpeg

Nez à nez

Pour l’odeur de l’hiver.
Poussez la porte d’un réfectoire, un jour bien précis.
Le jour du fruit.
Et ce jour-là, les fumets des viandes, des légumes trop cuits, évaporés.
Magie.
Toutes ces mains enfantines déchirant, han, han, en même temps, la peau épaisse d’un agrume.
Vous verrez, de table en table, de petits geysers orangés crever dans la bouche des écoliers, la lave du jus couler sur les mentons, et vous sentirez l’air se saturer lentement de l’huile entêtante des zestes.

Recel

Apprendre, goûter.
L’abondance de ce que je ne puis mesurer.
Le temps, le silence.
Écouter.
Tout ce qui avant m’avait oublié.
Hier, quand j’étais pauvre d’entre les pauvres.
Apprendre du vent.
Devenir son obligé.
Le laisser me faire les poches, et faire de moi son suzerain.
Riche, enfin.

Sans condition

Je l’aime de brume et de froid, quand monter là-haut me brûle les doigts, et que le vent gris raye tout de sa lame, le renierai-je, quand pour d’autres il poudroie, du bronze de ses roseaux, et de l’or du chant de ses passereaux.

Mei-Shan

Emportée sur les

Toits enneigés, faire taire le

Chant de l’infidèle.

L’un est L’autre

Que serait l’été
Sans sa face B, une saison
Sans hier. Morte.