ce que vos yeux vairons

Catégorie: hiver

État de grâce

La neige va tenir
Elle se pose au jardin
Sur les immortelles

Petit heur

Il fut honeymoon,
Soleil d’été. Réduit, il
Luit, orange amère

Monte, et descend, vite,
Maintenant. Horloge, le long
De sa crémaillère

Tic-tac. Kumquat, les secondes

Le bonhomme de neige

Sa peau fond, ses yeux,
Un instant en suspension
Tombent, deux flocons noirs

Les baraques

Jpeg

La lumière y va
Mince, grise. Ses aplats de blanc
D’Espagne aux fenêtres

Epiphyllum

Fleur de bougie, qui
Ne s’épanouit que la
Nuit, corolle. Fumée

Vous, fleurs in petto,
En serre de la nuit, que j’aime,
Mes perpétuelles

Liniment

Quel onguent, sous le
Turban Mamamouchi, les
Doigts, odalisques

Ajax, vitres

Pschh, vapeur de doigts, dans la bassine d’eau
Le chaud, puis le froid les damasquinent, volutes digitales, en filigranes rougis

Humeur vitrée

Mes mains, comme ces singes des sources chaudes engourdis, cramoisies

Agnès de février

En ces temps-là, les oiseaux ne s’approchaient pas des fenêtres, puis
Il y eut deux crépitements, parole de fenêtre
Le taptap aigu d’un bec, comme un pianotement d’ongle, sur un tableau, le fond d’une assiette
Le grésil, l’hiver, son sable blanc, son chant des dunes, le vent sûrement, juste avant que la grêle ne fonde
La buée d’un thé amer, noir, goudron d’un marc de feuilles déroulées,
Et le ruban de la cassette, la symphonie concertante, qui gratte, le haut-parleur mauvais, d’où se sauve, comme une guêpe d’un entonnoir rempli de sirop et de bière, la musique, vieux pull, dont on aurait usé tous les reliefs

« Tous les matins du mondes », l’attente

Jpeg

Jpeg