ce que vos yeux vairons

Catégorie: Gambier

Esquisse

Décor.
Le ciel, le ciel bleu, de nuit, l’hiver, l’été, les nuages, cirrus, lenticulaires, le ciel, le chemin, le bitume, le gravier, et la terre, la terre sur l’eau, la digue, l’étang, les oiseaux, le printemps, l’odeur de l’air, un brûlis, un arbre sous la pluie, de la rosée saturée de rose, Damas, le sable du désert, une loggia sur la mer, entre les colonnettes, au loin, un trait blanc d’écume.
Les corps.
Laisser pousser leurs plantes.
Terreau du décor.

Rez-de-rêve, la dormeuse

Un grain de peau, terre,
Gris-beige, bris grèges,
Son sommeil. Angkor.

Jpeg

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« Parallaxe », Nemo, depuis le hublot

Jpeg

« Parallaxe », midi sur Mars

Jpeg

« Parallaxe », Nemo, le coeur de Coriolis

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« Depuis la lucarne », le jardin de coraux du capitaine Nemo

Jpeg

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La suite

L’ennui.
Se déchausser sous la table juponnée.
Rassembler de la mie de pain, dans des boulettes molles, sculpter des camées, jouer aux billes sous le rebord de l’assiette.
Scruter l’horloge, son battant qui va l’amble, d’un pas lent de sénateur, les minutes, à reculons, la minute de Monsieur Cyclopède, je lui souris tout bas, à ce monsieur là.
Mon voisin grince des dents, il parle.
De quoi.
Je ne sais pas.
Son eau de toilette, qui m’incommode, lorsqu’il se tourne vers moi.
Retrouver l’asile de mon foulard, le nez sur mon tampon d’éther, je vous respire.
Vous êtes là.
Entre deux pans de soie.
Mon remède contre l’oubli.
Ma fumerie.
Et son opium.

« Tous les matins du monde », au bout du corridor

Pousser la porte. Pousser les saules et les roseaux. Soulever de l’eau le rideau. Vous êtes arrivé à bon port.

Jpeg

Jpeg

L’entrée atlantique

Là où elle se tenait.
Elle voyait les nuages se carroyer.
Fil de trame, fil de chaîne qui se croisaient
Les nefs zébraient la lisse des cieux.
Navettes d’acier qui glissaient et traçaient leur dessin silencieux.
Sa nuque avec le temps avait pris une courbure étrange.
Jetée trop en arrière.
A trop guetter en son désert celle qui ne se poserait pas.
Hedda était endurante.
Et endurait.
L’ankylose de l’attente.

« Le ciel finira bien par redescendre sur terre »

Vendredi

Le froid allait bien au parfum.
Il le contenait.
Comme une plante invasive dans son pot.
Il retenait ses racines contre une peau.
Elles ne se déployaient pas en dehors de leurs frontières.
Et restaient au chaud d’une femme grelottée.
Ainsi Hedda.
Son Habit Rouge.
Mince pelure contre le vent et ses glaces.
Max posé sur sa peau.
Comme un suaire.
Nul sur l’île, nulle sterne, nul fou de Bassan ne savaient que vivait parmi les rochers un autre habitant.
Un passager clandestin.
Un parfum de paradis.