ce que vos yeux vairons

Catégorie: froid

Il neige

À quai sous les toits
Les bateaux sont entrés dans
Les maisons. Le froid

En mémoire d’eux, fument
Les cheminées, des évents
De brique. Rouge sur mie

Baies de verre

Les doigts en peigne
De la vitre cueillir la
Manne, condensation

Petit heur

Il fut honeymoon,
Soleil d’été. Réduit, il
Luit, orange amère

Monte, et descend, vite,
Maintenant. Horloge, le long
De sa crémaillère

Tic-tac. Kumquat, les secondes

Gant oublié

Il conserve encore
La forme, la chaleur de la
Main à l’abandon

Sébastien, Sébastienne

La neige, traversée
De perce-neige. Tribut d’une
Martyre à l’hiver

Ministère de la Solitude

Dans le grand hall de
Marbre, ni chaise, ni bureau.
Un chien errant entre

Lumière fossile

Enterré sous le sable, juste la tête qui dépasse, le soleil
Le soleil ne prend aucun coup de soleil, y-a-t-il plus soleil alentour ?
Autour de lui, la nuit, qui ne fait pas mal, ne fait pas luire
Sa tête couronnée, diadème de cuivre verdi, celui d’une statue, et de son sommeil de sel, fleurs de givre sur le sable, toutes les cinéraires que la lune fait pousser

Sillage

Le vent pousse son
Champ de nuages, houlette
Venue de l’Est, froide

06/06

Je veux croire que les rochers sont restés roses,
Depuis la grande mattanza, de cette couleur
« Grès écrasé », pulpe pourpre des muscles dont
A coulé le suc, confiture, qui barbouille les hommes,
Qui flottent. Rose, couleur de pouponnière,
Les hommes appellent les mères, avant de faire le mort

Gel

Aluminisées,
Les herbes bordant l’étang,
Fausses cinéraires