ce que vos yeux vairons

Catégorie: forêt

Locus amoenus

Ils sont l’Arbre, avec
Ses versants, l’ombre aux racines,
L’adret aux vivants

Forêt noire

Neige, seule pays au
Monde. Silence, sa langue
Éphémère. Elle tombe

En Forêt

La grande lame,
(Plume bifide de stylo, celui d’un burelain géant, rostre, une loco fend
Les hautes plaines du XIXème, Far West,
Et la couche de bitume du sentier,
De plus en plus fine,
L’acier la racle, d’hiver en hiver,
Raboteurs de parquet, Caillebotte,
Hauts murs de plâtre chassés sur les côtés, limes de glace, corridor du manoir éventré par le froid de Varykino
Passage à pied sec de la Mer Blanche, décembre, jusqu’aux racines du thalweg, pousser doucement les troncs, et les arbres tournent sur leurs gonds, entrer
Terre ! Terre ! La neige ! Et le torrent fume, son évent de baleine blanche !)
Drapeaux rouges flottants, comme des bannières, Mittelalter,
Monte, vieux dragon ferraillant, chasse-neige, jusqu’à la maison.

Jonction. Tu seras hêtre

Le jour, où l’arbre
Choisit ses racines, jour de
Première communion

Rien ne le relie
Au sol. Lesquelles chausseront
Ses pieds. Elles, seules, savent

Bris de bois

Sous le vent, l’acier
Bleu des sapins qui ondoie
Sa scie, musicale

Sens. Touche

Que lire, désormais
Fumerolles des charbonniers
Trace du loup en lynx

Cuir bourgogne des
Feuilles, vélin de l’automne, script,
Tanins et nervures

Lucernaire

La nuit, sur la forêt. Au désert de l’arbre,
L’oiseau anachorète, cantor d’une église endormie,
La branche où il officie est une scène vide,
Son chant s’égrène, grains noirs d’un chapelet de buis
O solitude

Indivise, géographie

D’un limes, à l’autre, lisière de la forêt,
Grève-frontière du rivage, avant la mer.
Et tout ce vert contenu, entre ces deux pôles.
Jacadi a dit « arbre ». En esprit je dis
Mousse, sapin, tilleul, l’émeraude de l’eau,
L’océan, dont les vagues sombres cassent et moussent,
Dissolvent son indigo dans la tempête.
S’étire mon pays, territoire au grand écart,
Je rêve, un fil rouge vert les réunit, recolle
La morcelée, celle au réveil que je suis,
Orpheline, de l’une et de l’une, ni terre, ni mer.
La nuit est finie, et tout se recontracte

La Truite, de Schubert

Maintenant que le jour approche, je reprends l’entraînement.
Mon épiderme se fait cerne, je réapprends le froid, le torrent qui cisaille les jarrets, et le rire de Sieghart, Falstaff, qui roule, tonnerre, sur le toit des bois.
Le long des joues, la ponce des larmes, la glace. La joie

Copycat

La lune a sa lune,
L’hiver, le soleil est son
Drageon, copie pâle