ce que vos yeux vairons

Catégorie: dehors

La plage

Ils flottent, Benjamin
Dans Le Lauréat
, mer, rouge,
Orgue de Barbarie

La statue a froid

S’enroulent autour de
Son cou les anneaux de plume
D’un boa. Moineaux

À l’air libre

Entre les barreaux,
L’espace d’une tranche de main,
Le dos d’un livre

Gaz d’échappement

La porte s’ouvre
Le bureau se vide, par le
Siphon, poisson, libre

Troménie

La concession ne durera pas
La bruine est froide, et le vent cisaillant chasse les derniers pêcheurs, mes sharing partners
La couronne de l’étang est vide
Personne, les cabanes, comme autant de gemmes qui la sertissent, ont le ponton relevé
Je suis seule, avec le mauvais temps
Silhouettes vertes, et immobiles, félins à l’affût parmi les touffes de roseaux, les pêcheurs, silencieux, se sont diluées, la pluie
L’étang répond à mon désir, balance à fléau, son plateau penche en ma faveur
Mais la concession ne durera pas
Le temps varie

Au fond du rayon

Dans le grand magasin, des flux invisibles
Qui semblent ne pas se croiser, rayon normal,
Rayon bio, et rayon tout-à-moins-d’un-euro,
Des caddies filent, d’autres font la file, contenus
Que l’on dissimule, la marque-distributeur
Comme une rouelle, au fond. Deux vieilles gens se serrent.

La fenêtre

Je regarde les
Volutes, au travers du fer
Forgé, barreaudée

Une, et indivisible

Ses évolutions, en forme de rond, de 8, d’anneau
Derrière le carreau, l’appel, lumière miroitante, et ombres tremblées, un arbre transparent, entre elle et le soleil
Elle s’épuise, derviche-abeille, sa danse au ruban
J’entrebaille la fenêtre

Selon le nuancier

Par un trou du gant,
Un filet de terre sous un
Ongle. Châtaigne

À chacun, sa terre

Autre monde, que
Je dérange. Reposer le
Lombric à sa place