ce que vos yeux vairons

Catégorie: chant

Voix, intérieur

Chacun, la main en
Patelle sur l’oreille
Chante. Polyphonie

Fields of barley

Ti, da, ti, da, da
Cinq notes en gouttelettes
Qui cascatellent

Lucernaire

La nuit, sur la forêt. Au désert de l’arbre,
L’oiseau anachorète, cantor d’une église endormie,
La branche où il officie est une scène vide,
Son chant s’égrène, grains noirs d’un chapelet de buis
O solitude

« En hiver », Paul Hindemith

Un arbre en hiver,
Sur ses branches court la neige,
Esprit d’une hermine

Lamento

Sur une plinthe de la paroi, tout bas, la membrane d’une cochlée, spirale de pierre gravée, un ricochet sur l’eau, sa succession de cercles concentriques, suspendus à jamais, je passe mon doigt sur l’hélice, de la cicatrice, jusque sous le sillon de mon ongle, je sens s’enrouler les anneaux d’un plain-chant, sa gravure noire, matrice indélébile, bouche fermée.
J’écoute, in petto.

Petit maître

Ni transcrire, ni traduire, l’hymne.
D’ailleurs, en est-ce une.
Les frrr, vrrr, à quoi bon, la perfection du vent sur la forêt, frottole, et mon imitation, enfantine, peut-être que l’oreille d’un petit enfant, qui apprend à parler saurait capter avec justesse toutes les variations, les volte-faces, les pressions de l’air sur les feuilles, celles encore tendres, celles qui craquent, comme de la cellophane, dirait-il que cela n’est que du bruit, et qu’il ne faut pas faire dire à la forêt n’importe quoi.
Petit enfant.

Sing, sang, sung

La lumière, je l’aurais voulue crue, passant tous les bleus du ciel au vernis.
Ici, le ciel n’est ni Roi, ni Nattier, l’été, mais parfois.
Dans l’air, poussiéreux, une farine fine, poudre de foin, passée au tamis, le vent à peine.
Et le soleil, doux sur mes bras, son jaune à la détrempe, une fin de brasier, tiède.
Il n’y a personne, les champs, et l’étang sont quiets.
Chanter tout bas, mais mon pas ne s’accorde à rien.
Alors je me tais, et ce qui vient, boum, boum, chiourme de galériens, qui freine ma foulée, il me semble traîner des chaînes.
In petto, le chant des marais.
La maison est loin.

L.E.M., module 2

Être berger, suivre avril, ses saisons, son moutonnement, dans les champs qui osent, pays d’Oz, les verts et leur explosion, et le ciel qui fond son azur sur l’étang.

Autour de l’étang, segment 17

Les ronces et le froid,
Le mode mineur de l’hiver
Qui cède le pas,

Le vent dans les branches,
Une autre couleur, une anche,
Et son ode. Bonheur.

Autour de l’étang, segment 13 bis

Je tourne autour de
Toi, et je t’en veux de ne
Pas en faire autant.

Qu’attendre de toi
Quand tu es étang, tu es
Eau. Ni chair, ni sang.