ce que vos yeux vairons

Catégorie: Bonheur

Encore

Sur l’ingrain grumeleux et blanc du papier peint du salon, quelque chose de sautillant. Le néon scintillant d’un rayon lumineux, le soleil et son dessin au crayon dansant, le temps de l’écrire, un nuage passe. Et tout s’efface.

Titan

Le vent et sa meute, qui n’épargne rien, ni les portes qui grondent, ni les volets qui gonflent les voiles de leur ferraille, ici, il est souverain, ses proies de bois et de pierre sont faciles, mais là-haut, pour les venger, l’étang, et l’eau qu’il montera en mur, des vagues dures contre lesquelles en vain la horde s’éreintera.

« Journal d’un homme heureux »

Se pencher sur soi comme sur une battée, et voir, le coeur battant, briller parmi le sable, les grains grossiers dont nous ferons notre or.

Billet d’absence

J’ai fait bleu, l’ombre

D’un nuage m’a pris sous son

Aile, finie, l’école.

L’île du jour d’après

Sous vos seuls pieds, un
Sable où seul vous échouez,
Votre terre. Elue.

Double débrayage

Les deux mains
Sur le clavier,
Contrôler
Le pédalier.
Laisser filer.
C’est une cantate.

S’assumer

Un parachute s’est
Détaché du pissenlit,
Il va s’aissaimer.

Venterol-Beaucaire

Dans son reliquaire,
De beaux étés gardois et
Drôme solitaire.

Summer time

Hedda était née à l’ombre d’un soleil solitaire, au fin fond du mois de juillet. Ses anniversaires oubliés par la diaspora d’une famille s’égaillant aux quatre coins des plages atlantiques, ses gâteaux réduits à la portion congrue et la bouteille de champagne trop grande pour eux quatre. Elle prit goût à cet alcool de grandes vacances, à ces douces ivresses de petite fille. Elle était une enfant de l’école buissonnière, du temps qui retenait sa respiration avant la plongée vers l’automne, ses cartables lourds sur l’épaule et ses tristes blouses grises. Son tableau de juillet était d’une ardoise bleue.

Pirouette

Un météore
Facétieux
Décolore
La toile
Chambley
Du ciel
Sous
Nos yeux.