ce que vos yeux vairons

Catégorie: autoportrait

Comme il faut, et puis…

Monolithe de bois, ich, ébénichts
L’encre de Chine noire, une goutte
Qui se penche, et grise l’onde
Limpide de sa pollue
Du cil du pinceau, une larme,
Ô, dilue !
Mais le sel, dans l’eau
Qui se gâche
Pleurs
Pluie de fleurs
Calligraphie de l’arbre à fruits
Ramboutan, kanji

Et Alfred Deller

Jeu du pas d’erreur
J’écoute « Nothing else matters »
Thé, ou Nescafé

Brouillons

Ces kjökkenmödding
Que tu lis de moi, qui t’en
Disent plus que le reste

Harmattan

Courir.
Il y a un point, après le verbe, qui lui coupe l’herbe sous les pieds, on court, immobile, quand on rêve

Le vent gonfle les fenêtres comme des voiles, le verre tremble et se déchire.
Ne pas laisser entrer la pluie
Je cours, sa vie est au dehors, qu’aurait-elle à faire ici
Quel parquet de bois sec à humecter
Quel tapis de laine roide à reboucler
Quelle plante solitaire, derrière la clôture de sa baie, à visiter d’une ondée légère
Quel, quel, quelle, la course contre les montres du vent et de la pluie, réunis
Tout ce que le monde compte de transparent coule ici, rideau de l’eau, pluie de gouttes de vitre en morceaux
À mes pieds, leur ruisseau est tiède
La température exacte de l’été

Avant la fin d’août, ne rien obturer
Observer, par les jours de pierre brodés dans les murs, le ciel

Poème, et ses envers

Un fruit sec, et son écureuil
Gringolent vers la cime de l’arbre,
Qui est sur le point de croître

Je rêve.

Qu’il en soit ainsi pour moi
Je reviens sur des pas,
Petits cailloux de pain noir,
Pas japonais, on dirait (les enfants parlent ainsi)
Jardin, et la clôture de mon histoire,
Ces instants, qui ne sont pas encore,
Mais la bornent déjà,
Ces arpents secs,
Fertiles, et vierges,
Briques de broc de fondation,
Celles que je suis tour-à-tour-tout-à-la-fois,
L’histoire est plastique, se décompose
Le retour en arrière la régénère,
La redéfinit
Re, re, le préfixe-effraie, oiseau de nuit,
Vais-je marcher exactement
Sur les mêmes pas japonais,
Franchir la membrane mince du récit
Aujourd’hier, et science-fiction,
Bégayer, sans trêve,
Ânonner la même chose,
Point d’interrogation

Le ci-dessus poème, incolore,
Et sa lumière, bue,
Ce qui en émane,
La poussière le ternit,
Un tableau, dont le vernis
Assombri ensevelit les traits
Je voudrais le secouer,
Le retourner, ainsi qu’un matelas
Mettre au jour,
Les ors de sa face Été
Jaune, et ciel. Bleu, et blés,
Un jardin, Majorelle
L’adret, et le rêve

Sueur, détail

Chintz rosé, de la joue d’un bébé,
Au-dessus de sa lèvre, une coquille
Minuscule, où brille, transparent,
L’orient d’une goutte d’eau
Mon visage, en reflet infime, sur la surface
Miroitante de la petite sphère

Rallonge 7

Pourquoi mot-valise ?
Je choisis mon havresac
La rêvalité

Dilatation de l’espace

Je me défroisse, et me décontorsionne. Ici,
Une alexandrine cabine d’essayage
Le miroir est plein de plis, c’est peut-être moi,
Visage-origami, le corps se destructure
Le nez penche vers les pieds, et je me figure,
Être de tessons d’une céramique abstraite,
Peux-tu encore me lire, devenue ostraca

Bruit

J’imprime une indienne
Au tampon, motif, après
Motif. Puis, un blanc

Ich bin ein Neander

Mon comté, boyau,
Cavité, Thal, de sapins
Planté. Noirs et clairs