ce que vos yeux vairons

Catégorie: aube

Le rouge aux joues

Absinthe, l’herbier,
Le ciel pâle se teinte, cresson
Des roseaux givrés

La roue, ses aubes

La part de l’eau, du sable ? de ce marc blond
Dont les enfants du bord des mers font un ciment,
S’élèvent les murs de leurs donjons, à la lisière,
Les douves déjà s’envasent et se défont
Ce qui était dur comme de la pierre, les fondations,
Les moellons s’égrainent, et fondent, emportant dans la débâcle, colombages de kelp, les fresques de coquillage
Ce qui reste des enfants, l’empreinte de leurs pas
Tournés vers les dunes, et les maisons, dont les baies s’éclairent une à une.
La nuit est là maintenant, qui tombe de tout son poids sur tout, ruines du jour,
Les enfants grandissent, inlassablement
Demain est un château, il repoussera

Candélabre

Laque cinabre, l’aube
Sur l’étang, cire rouge
Des roseaux en cierges

Les nixes

Jpeg

Da capo

Regarder d’en haut, si l’on vous a fait la grâce d’être un oiseau
Le voyage est circulaire, tracé de l’hélice de la coquille d’un escargot,
La route tourne sur son axe, comme ces enseignes-sucre-d’orge rouges et blanches et bleues des barbiers
Rubans, en longs phylactères de la colonne de Trajan,
Château de sable en turban de la Malwyia,
Je répète la route mentalement.
À gauche, la montagne en rochers de grès, à droite, en à-pic, la forêt,
Au sommet, suivre l’ambre du torrent, une truite me salue en allemand, « Es freut mich ! », je roule jusqu’à la maison du bout du monde, ses douze montres, pendules, et coucou, la petite, ronde, à crémaillère, si jolie
Attendre, que tous annoncent le lever du jour, au fond de la vallée, le V noir des sapins verdit, le soleil monte comme une hostie derrière la montagne.

Sous la veilleuse

Dans la couveuse, où je plonge la main,
Les flocons chauds et jaunes des poussins,
Ils dorment, leurs petites ailes parfois se soulèvent
Sur le coffre minuscule de leur bréchet,
L’odeur de plume tiède, les becs oranges,
Des épines dans le désordre, sur des boutons de rose,
Qui respirent doucement, l’un piaille
Je retire ma main

L’aurore orange et rose, le safran passé d’un sari
Pas un souffle d’air,
Rien ne remue les nuages, dans leur pépinière,
Rien d’autre, dans ma paume, que la couleur chair de ma peau

Clocher et réverbère

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Donnerwetter

Le buccin-piqueur*
Du réveil-matin. Où
Est passé le merle

*imité du marteau

Oiseau

Plumes en palmes du Simorgh sur mon visage,
Les palmes du ventilateur tournent, la nuit, la trame, le rêve est sa chaîne

Palier de décompression

Au creux du mortier,
D’entre les débris noirs et
Leurs moraines, De profundis,
Alp/traum, au coeur vénéneux
De la nuit, croît doucement,
En ronde-bosse, un piton de grès,
La brume, autour de la forêt,
Hans, redevenu Castorp,
Rayon rasant sur les piémonts,
Montagne/Magique