ce que vos yeux vairons

Catégorie: aube

Les serins

Perfection lente
Du vieillard décomposant
Sa danse, le matin

Son bras fend l’air, à
La manière d’un éventail,
Rosace à demi

Les autres vieillards,
Disposés en damier, roses
Noires des pantalons

Dans le parc, sous les
Aisselles des branches hautes, pendent
Des oiseaux en cage

Leur chant coule d’entre
Les barreaux de bambous, pot
De miel qui se brise

Nursery

Jpeg

Réverbère au verger

Jpeg

Comme un oranger
Penché sur son fruit qui roule,
Pépins de lumière

Le buisson aux escargots

Jpeg

Orpheline de mer

Morte, et au paradis, tous les matins je dois l’être, en ouvrant la fenêtre.

Côte sauvage, septembre 2018

Safran, l’étang

Jpeg

Le haut cahier, page 49

Cette nuit, salmigondis, entre le gras du cauchemar, une effraction douce, la queue d’une comète, la maison de mes grands-parents, dans le salon, j’ai touché les volutes de bois du bahut.

Mitose

La marge sombre du jour, un reste de nuit blanche, deux aimants qui se repoussent.

Entre là-bas, et ici

Mon petit pays.
Une gêne.
Un ongle incarné, un caillou, entre eux et nous.
Sans papier d’identité, cent papiers d’identité.
Sans langue aucune, il y en a tant.
Une terre que l’on foule, sans jamais s’arrêter, à marche forcée.
Nos cathédrales de grès ont des gueules de chevalement, et les yeux de nos pères, des yeux de biches, khôl de pharaon, la crasse, talc de charbon.
On ne s’y arrête pas.
Et pourtant, il y a là le pays de mon étang, bien à l’abri.
Un recoin de paradis.

Le balancier

Il y a la lumière, et puis l’ombre d’une pensée, mai en dissipe l’onde. Pourquoi résister au soleil.