ce que vos yeux vairons

Catégorie: après

Regrets

Sur votre langue si pure, en mucus épais,
Le ciment du silence, où, comme dans la bouche
D’un enfançon, ne croît plus qu’un amer muguet

06/06

Je veux croire que les rochers sont restés roses,
Depuis la grande mattanza, de cette couleur
« Grès écrasé », pulpe pourpre des muscles dont
A coulé le suc, confiture, qui barbouille les hommes,
Qui flottent. Rose, couleur de pouponnière,
Les hommes appellent les mères, avant de faire le mort

Au fond du rayon

Dans le grand magasin, des flux invisibles
Qui semblent ne pas se croiser, rayon normal,
Rayon bio, et rayon tout-à-moins-d’un-euro,
Des caddies filent, d’autres font la file, contenus
Que l’on dissimule, la marque-distributeur
Comme une rouelle, au fond. Deux vieilles gens se serrent.

Sphère armillaire

Échauffement de
La serre, la mer, de sable
La rose, des sables

Tourné en rond

Un cerne d’eau, sur
Le fil du bois du plateau.
Le verre n’est plus là

Sur la feuille, un filigrane

Par le tamis, se
Sédimente la pâte
De papier de riz

Eaux vives

Se souvenir. Et
Du néant, au naos, la
Mémoire, plus chair, qu’os.

J’étais un dinosaure

L’évolution nous
Amputera de quoi, yeux,
Doigts. Perdre la tête

Agnès de février

En ces temps-là, les oiseaux ne s’approchaient pas des fenêtres, puis
Il y eut deux crépitements, parole de fenêtre
Le taptap aigu d’un bec, comme un pianotement d’ongle, sur un tableau, le fond d’une assiette
Le grésil, l’hiver, son sable blanc, son chant des dunes, le vent sûrement, juste avant que la grêle ne fonde
La buée d’un thé amer, noir, goudron d’un marc de feuilles déroulées,
Et le ruban de la cassette, la symphonie concertante, qui gratte, le haut-parleur mauvais, d’où se sauve, comme une guêpe d’un entonnoir rempli de sirop et de bière, la musique, vieux pull, dont on aurait usé tous les reliefs

No kill

Jpeg