ce que vos yeux vairons

Catégorie: Alptraum

Sang titre

Le décor.
De haut en bas.
Le jaune du soleil, et son blanc, qui est bleu, le ciel est un oeuf.
Feu vert, un pin parasol, et tout cela qui se brouille dans l’eau claire, la mer.
Entre l’eau et le ciel, un pli de terre, une langue blonde, du sable, une langue, Cybèle, petite cloche d’étain dans le lointain, la Dalmatie, et son confetti d’îles, si jolies.
Se promener, des billots de bois flotté, des troncs ébranchés, de l’os de seiche, y tourner des chandeliers, des troncs noirs et lisses, où sont passés les bras, l’écorce en lambeaux, fortune de mer, les arbres, les hommes font la planche, marée noire sur des plages qu’elle carie, le goudron a un goût de sang venu d’Abyssinie.

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HansPeterRosaetAaron.
Jevousnoueparleprénom.
Je vous bottelle, vous mon fagot.
Pour ne pas que vous vous perdiez.
Vous, l’histoire, mon histoire, j’aurais pu vous inventer.
Vous êtes hier, et aujourd’hui, histoires de rien, sur les mers, d’autres saccages, d’autres fers, frères galériens, la mer.

Tératologie

Tous les piébaldismes ne sont pas blancs, ou gris, Mephisto, Ruggero Raimondi, j’ai vu, dans la campagne de Weimar, la branche blanche d’un lilas, se couvrir d’une mèche, son oxydation, vert-de-gris.

Même pas en rêve

Je ne monte pas à l’étang, le temps et sa houille me refoulent, le vent, le vent et la pluie, leurs rages réunies.
Alors je le laisse venir à mon chevet, de là-haut jusqu’ici, je ferme les yeux, et sous mes paupières, l’étang prend vie.
Tous les excès, les roseaux, les reins brisés, l’eau, jusqu’aux cieux soulevée, le ciel, noir, le jour, la nuit.
Des oiseaux, je n’entends que les cris.

Je pourrais

Je devrais dire.
Apamée.
Blanche.
Je devrais.
Le temple de Bêl.
Palmyre, je devrais dire.
L’odeur du laurier.
Les savonniers.
Se souvenir.
Et je me souviens de Hama.
Le fracas.
Le grincement.
Ses roues effroyables qui tournent sans trêve.
Le bois, l’eau.
Noirs.
Cauchemar.

La larronne

L’ aile clouée sur la
Porte, blanc crucifix sur le
Bois pourri de la

Grange, la hulotte s’ est
Tue sans un cri, un oiseau
En son paradis.

 

Tératologie

Le ciel, combien de
Bras me faudrait-il pour te
Serrer contre moi.

 

La broigne

Se tanner à la

Fièvre, à la rage, ne plus

S’en laisser conter.

Les feux

Il y avait ce
Rien, les sommes de tout petits
Riens. Des bouts de pain.

Des yeux posés dans
Des trous, coudes pointus comme
Des clous. Chair sans gras.

Autour, il y eut
Des printemps, et l’été et
Des soleils levants.

Autour, des prés et
L’odeur de l’herbe coupée.
Autour du néant.

Ronces

Je me méprends sur
Le chant des oiseaux. Ce ne
Sont que cris de faim.