ce que vos yeux vairons

Catégorie: Alptraum

Pie

Il écume, noir, dans
La brume, qu’avale le rêve
Frison silencieux

Rallonge 4

Hänsel und Gretel

Derrière eux, le pain
Perdu, que picorent des
Oiseaux de malheur

Sommeil paradoxal

Le ciel jette un oeil,
Vasistas, blau, und grau, blonde
On blonde, lacht Murnau

Jpeg

1 bis, rue Rhinocéros

Jpeg

« Alice’s restaurant »

Enfant, je faisais ce rêve éveillé.
Le monde était vide, il n’y avait rien de vivant, je ne dis pas « plus rien », point d’apocalypse, point de morts, les parents n’étaient pas morts, juste absents, la jouissance absolue, je passais de boulangerie en boulangerie, de bocaux de bonbons en bocaux de bonbons, tout était pour moi.
Rien n’était à moi, dans ce rêve transparent, et puis quoi.
Les bonbons se paient au poids de la solitude, je le sais, maintenant.
Et je me goberge encore, être seul, ce sucre, jusqu’à l’hyperglycémie, et son ivresse.
Le jeûne, je vous écris.

Ancre, encre, le sang

Suffira t-il de fermer les yeux, et de laisser faire les paupières, je ferme les yeux, et je gomme tout ce noir du paysage, les paupières, je compte sur vous, comme il longtemps, je comptais sur les effets du stylo effaceur à encre, qui jaunissait de son acide, les mots gros de fautes de mes copies.
Je cligne frénétiquement, mais sur la page blonde de la plage, rien n’y fait, rien ne fond, le billot, noir, couché comme un i foudroyé.
Il est noir, l’orage est passé sur lui.

Sang titre

Le décor.
De haut en bas.
Le jaune du soleil, et son blanc, qui est bleu, le ciel est un oeuf.
Feu vert, un pin parasol, et tout cela qui se brouille dans l’eau claire, la mer.
Entre l’eau et le ciel, un pli de terre, une langue blonde, du sable, une langue, Cybèle, petite cloche d’étain dans le lointain, la Dalmatie, et son confetti d’îles, si jolies.
Se promener, des billots de bois flotté, des troncs ébranchés, de l’os de seiche, y tourner des chandeliers, des troncs noirs et lisses, où sont passés les bras, l’écorce en lambeaux, fortune de mer, les arbres, les hommes font la planche, marée noire sur des plages qu’elle carie, le goudron a un goût de sang venu d’Abyssinie.

Dupliquer

HansPeterRosaetAaron.
Jevousnoueparleprénom.
Je vous bottelle, vous mon fagot.
Pour ne pas que vous vous perdiez.
Vous, l’histoire, mon histoire, j’aurais pu vous inventer.
Vous êtes hier, et aujourd’hui, histoires de rien, sur les mers, d’autres saccages, d’autres fers, frères galériens, la mer.

Tératologie

Tous les piébaldismes ne sont pas blancs, ou gris, Mephisto, Ruggero Raimondi, j’ai vu, dans la campagne de Weimar, la branche blanche d’un lilas, se couvrir d’une mèche, son oxydation, vert-de-gris.

Même pas en rêve

Je ne monte pas à l’étang, le temps et sa houille me refoulent, le vent, le vent et la pluie, leurs rages réunies.
Alors je le laisse venir à mon chevet, de là-haut jusqu’ici, je ferme les yeux, et sous mes paupières, l’étang prend vie.
Tous les excès, les roseaux, les reins brisés, l’eau, jusqu’aux cieux soulevée, le ciel, noir, le jour, la nuit.
Des oiseaux, je n’entends que les cris.