ce que vos yeux vairons

Mois : novembre, 2019

La tache de vin

Sa ponctuation
Singulière, quoi que tu dises
Une affaire de style

Mystérieuse
Marque d’un tailleur de pierre,
Caractère usé

Toujours le même, le
Petit caillou blanc d’une
Typographie intime

Encore, et encore

Ce poème, nucléus lisse, sans aspérité
L’empoigner, mais de quel côté, il est rond
Je lis, sa superficie, combien de lectures, pour l’entamer,
Trouver la fracture, en écarter les lèvres fermées,
Un mot vole, lame de silex, la crainte, d’en briser le sens,
Approcher, de son expression première, en son naos celée

Terre de poème

La façonner, en
Forme de conque, sur l’oreille
La poser. Écouter

Encore

Travelling. Dans le trou noir de la caverne,
Promener une torche devant la paroi,
La fresque met bas, le galop d’un animal, saccadé,
Sorti de l’un de ces petits cahiers, feuilleté à la vitesse de la lumière, dessin animé de papier
Mais les jours de la torche sont comptés, consumée, sa suie sur les contours brouille, rend à la nuit, les chevaux, la prairie, le tableau, désaccordé

Je pense à tel poème ancien, lu aujourd’hui
Son coeur a battu, puis, le recueil fermé sur lui, dalle d’un caveau de carton, s’est à nouveau tu

Sens unique

Lecture, du hasard.
La périodicité d’un
Quasar. Tout s’éclaire

Cachetée

Jpeg

La faim de quoi

Profil, pareil à
Une ligne d’horizon,
Maigre, et lointain

L’écrin

À mesure qu’elle chante,
Les murs s’élèvent autour
D’elle. La réverbèrent

Prière perpétuelle, mains

Elles attendent qu’il
Dorme. Se posent sur la viole,
Jouent pour la Sybille

Bummelzug

Train, infiniment
Long, les marchandises, Traum und
Alptraum, bam bam-bam