ce que vos yeux vairons

Saint Martin en Smalto

Le mendiant quitte le
Parvis en trois pièces, le fol,
S’adosse à sa place

Feux d’artifice

Cheveux en rayons
D’une Vénitienne, séchant
Note de tête

Lecture, dans les nervures

Tu sens
Le froid, la fumée, la buée sur le pull
Le cuir de feuilles mouillées
On en fait des chaussures, qui sentent le souterrain, le champignon, l’aven dans l’obscurité
Les feuilles brûlent, et il pleut, panache du banya,
Des odeurs, des sous-odeurs, dans les volutes s’entassent du brin de tabac de fond de poche
Du cornet de papier que consume un marron noirci
De la pierre gréseuse, le vent qui tournoie et use les arêtes des blocs rouges de la cathédrale
Une gargouille pisse, rêveuse, dans le col relevé d’un passant, qui s’ébroue
Ça ne sent pas le chien mouillé, mais le cerf, violemment,
La harde autour de la mare, la prêle, l’eau dormante, corrompue de plumes, d’os, mais rien ne pue,
L’air balance les palmes des fougères, les premiers cristaux du givre
Sens-tu

Oignon de tulipe

Monnaie qui n’a plus
Cours, billet d’un corme, liard rouge,
Pivoines, dans la poche

Assembleur au plan

Proésie, mon seul organe à jour,
À contre-jour, deux jambes, les bras, la main qui écrit,
L’autre en reposoir, quand la tête penche, lourde,
Deux cercles, quatre traits noirs, au bout de l’un, un index-à-taper-sur-le-clavier, la bouche est amovible, subsidiaire, un bonhomme de neige gelée, de neige qui fond, de neige fondue, les yeux au charbon tombent, états de la matière
Retiens cela, cette succession,
Carte d’identité avec photo vague
Bonhomme de neige à tort et à travers, fers à bétonner dans les chairs, ombre de l’eau projetée, puzzlée comme un verre qui se brise