ce que vos yeux vairons

Mois : septembre, 2019

Temporaire

Pluie. Ce n’est pas dire
« Il pleut ». Ses gouttes, en l’air, à
Jamais suspendues

Feuille de vigne rouge

La cueillir ? Dès lors
Mes pas autour de l’étang
Seraient d’humeur grise

Antidotaire

Quand j’entre dans ton
Ombre, ô Déréliction,
Lire une ligne amie

Miscible

Stéréoscopique
Le son vague d’un pôle à
L’autre, la musique

Carrées

Racines aériennes
Souterraines les racines
L’arbre, haubané

Et Alfred Deller

Jeu du pas d’erreur
J’écoute « Nothing else matters »
Thé, ou Nescafé

Extinction du ginkgo

La lumière d’or passe
De la chambre à dehors
Le soleil se lève

Jaune d’or

Lampe de chevet
Cône de lumière ginkgo
Arbre de chevet

Patience de papier

Dans le vase sans
Eau. J’attends que la branche
D’alkékenge sèche

Éphéméride

Tout un monde de petites portes en carton
De carrés creux à la Mondrian
Calendrier de l’avent, Schablone,
Pochoir, dont la découpe des fenêtres
Repose sur moi, un corps aux compartiments,
Un doigt, la voix, un ongle transparent,
C’est rose en dessous, presque la couleur du sang
Je ne bouge pas, là, Rorschach, une vertèbre-papillon,
Qui s’enfonce, noir et blanc, Trauermantel voletant,
Dans la futaie, les bois sont à deux pas, une, deux
Portières de papier, et tu y es
Et puis plus bas, recouverte d’un champ vert,
La fenêtre qui mène au coeur, gras de ceux que j’aime
Gros de ceux que je n’ai pas aimés
Ne la laisse pas trop longtemps ouverte,
Que nul ne s’écoule hors de moi,
Ceux qui te saluent, joyeux, les rideaux sont tirés,
Et les autres,
Ceux dont les volets demeurent clos, silencieux