Urwald

par marronbleu

La souche, moussue.
Un vieil arbre, avant d’être abattu
Y voir le pied tranché de quelqu’animal disparu,
D’avant l’histoire écrite.
Dans les racines épaisses, l’ombre de la corne, l’ongle d’une effigie totémique,
La coupe fraîche révèle un aubier rouge, une moelle vive,
Plateau de cernes serrés, enroulés, force de Coriolis figée,
J’écorce une branche.
Dans ma main, une aiguille de bois, qui glisse, tangentielle, sur les rides concentriques,
Et j’entends, qui déchire l’air, un tonnerre inarticulé,
Choeur antique de grondements, la gorge, et le poitrail
De l’animal, dans l’arbre révélé