ce que vos yeux vairons

Mois : août, 2018

Hokkaïdo

J’ai cherché, tout l’été, au jardin, la tâche orangée du potiron, qu’au printemps, petite pousse, j’avais planté.
Quelque chose de vert a rampé sous le couvert du buisson de rhubarbe jouxtant ma plantation, une liane, et une grosse calebasse, invisible, pour qui ne la cherche , une espèce de caméléon.
J’ai découvert, qu’orange, ou vert, tout peut être potiron.

18 déjà

Peut-être faut-il laisser faire, les grands désordres, leur ressac sur la terre, engloutir jusqu’au dernier homme.
Nous sommes dinosaures, notre astéroïde, la haine, est déjà tombé.
Le temps bêchera nos os, le laisser jardiner.

17 déjà

Le bassin de décantation, et la journée sédimente, je plonge mes mains en coupe dans ses boues, j’attends.
D’entre mes doigts marron, un filet d’eau, oued amer.

16 déjà

Pixels, kaléidoscope, que voit-elle, comment voit-elle, à la Seurat, ou à la Warhol, la mouche.
De quelle école, celle qui suçote la vitre du salon.

15 déjà

Divinité, brique de verre noire, ère monolithique
Dieu-lare, commun à tous les foyers.
Disposait d’une niche aux dimensions modulables, en fonction de celles de l’écran plat de son ostensoir.

14 déjà

Peut-être sommes-nous, la Terre, une de ces planètes pénitentiaires de science-fiction, une relégation du fin fond de l’univers, où nous tiennent éloignés de prudents aliens, la Terre, comme une infection à contenir, dans un laboratoire de haute sécurité, la solitude est sa camisole d’aliénée.

13 déjà

Tout en haut, si lointaine qu’elle en paraît infime, une gargouille, penchée au-dessus de la balustre.
En bas, à hauteur d’homme, sur le parvis de l’église, une gargouille que nul ne photographie, un peu tassée contre le porche, treizième apôtre, un visiteur glisse une pièce dans sa sébile Starbucks.

12 déjà

À os morts
Une lettre de bronze s’était détachée du monument.
Les adultes comblaient le vide mentalement.
À nos morts
J’étais enfant.
Les morts, morts dans la mémoire des vivants, ne sont que des os.
Le monument aux morts avait raison.
Il n’y a là rien de sybillin.
Os morts

11 déjà

Les coraux blanchissent, leur beau rouge sang, une hémorragie, ils sont os, attirant sur eux d’autres os, du dessus des eaux, les bateaux chavirent, sombre leur pêche, une mattanza, les hommes sont des poissons.

10 déjà

Le voile boréal, de la nuit.
La chambre blanche, pisé de mes tropiques, désorientation spatiale, lequel de mes sens s’emballe, la chamade du « où suis-je »