ce que vos yeux vairons

Anéchoïque

As-tu un nom, un bout de coeur gravé sur ton tronc.
De quel tout es-tu partie, billot, vertèbre de séquoia, échine d’un cèdre, de quel tout es-tu parti, de quelle forêt, qui, liane, bosquet, le vide d’une clairière, as-tu laissés, tes branches, des haubans sectionnés, t’a-t-on pris jusqu’à la voix, tout est bras, tu me touches, et ne le sais pas.

Comptine, cucul la praline

Prenons, rayée, verte comme un tigre du Bengale de carnaval, une pastèque, ronde comme une mappemonde, et zébrée de la tête aux pieds de tous ses méridiens, il n’en manque pas un.
Un coup de feuille, à carreaux, assortis à ceux du tablier blanc-bleu du boucher-jardinier, et voilà, Tagadabarbapapa, flambant rose, pour un gourmand, un quartier de lune.

Hyoïde

Raw, avale un silex, ton larynx le broie, rot, guttural, expulse un mot, un bout d’os, on s’extasie, ton premier pas, en langue biface.

Écrire des tartines

Un petit buisson, groseilles à maquereau.
On dirait qu’un poisson, volant, et distrait, a pondu là son menu fretin, des billes d’alevin, un verre fragile, attention, confiture de goujon.

« Le burelain »

Bonheur-du-jour, un tiroir, entrouvert.
Bonheur du jour, une inflorescence, diffractés dans le papier, les plis anciens du sureau, jaune, le sceau d’une matricaire, l’année dernière.

Entre les feuillets

Lire en vous à billot ouvert.
Tourner vos pages, branche après branche, entendre un début de voix poindre, le bois de son timbre, bambou d’un carillon, baryton, vibrations basses du tilleul, saturant jusqu’au vénéneux, un air de juin, ensemencement de l’orage.