ce que vos yeux vairons

Les reliefs

Quelle griffure.
A quel phonème, scarification à la plume, rougira l’épiderme du billot.
Balbutiements enfantins, tam-tam, bam-bam, electrocardiogramme, je touche, et quelque chose d’un visage, en ronde-bosse, se pousse sous mes doigts.

Poème à cinq doigts, Neander

Mâcher-cracher, une boue d’ocre, la meule des dents sur le charbon de bois, la main tout là-haut, comme une clef de voûte.

Sonde, Rosetta

Le billot, Dalton Trumbo, un Johnny s’en va-t-en guerre, dont il me faut apprendre la sismologie, parfois, un mot prononcé, et son écorce se ride, est-ce un sourire, une bouche amère, mais le mot est là, mot pour mot, ou déformé, l’effort, je bois la sève du bois, bourgeon d’une parole, goutte après goutte,

Ce n’est pas un détail, Nymphéas de Giverny, un lotus posé, sarcophage de quelle dynastie, c’est un petit nénuphar de Colombie, Nevado del Ruiz, je pense à ses grands yeux noirs, quand je me penche parfois sur l’étang.

Apprenti

Si je devais partir, partir lourdement chargé, la besace vide, l’étang fracturé, laisser ses tesselles glisser au fond de mes yeux, aux pieds d’un maitre, à Ravenne, pleurer toutes mes escarbilles, et là, lentement, l’étang ressemeler.

Bain de soleil

Sur le billot, au collodion, deux traits, sur l’horizon, pour un regard de Mo’ai, une longue verticale, nez d’Amarna, et pour la bouche, deux croissants de lune, gravés à l’ongle.
Le billot a bougé, son visage, brouillé.