ce que vos yeux vairons

Baisser les yeux

La nuit, ce qu’elle a de noir, entre les trouées orangées des lampadaires, ce qu’elle révèle des maisons, lumière aux fenêtres, la rue est une longue pinacothèque, là derrière les rideaux, une nature morte, une table en désordre, un empilement d’assiettes, des épluchures, le halo d’un téléviseur, et ma gêne, l’effraction de mon regard.

N’est-ce pas

Il a plu, cette nuit, et je n’ai rien entendu, le bitume a brillé, sûrement, dans le petit cône de lumière du réverbère, il est tard, je n’ai rien vu, mais il est encore temps, n’est-ce pas, sur la platine, le premier grincement, comme une plume qui grifferait une feuille de papier, le café coule, une cigarette, le café coule, la musique de Philippe Sarde.