ce que vos yeux vairons

Instant t

Le jour, la nuit, leur balancier, scansion du calendrier, le temps qui passe, si j’étais Robinson, sans autre oignon dans mon gousset que celui d’une fleur de bégonia, avec du soleil, la branche d’un gnomon, quand vieillir, si le temps ne compte pas, qui pour me dire ce que je ne vois pas, pour lire entre les rides, de mon île, nul ne fuit, le temps est mon Vendredi. Nothing else matters.

Reddition

On dit, « j’ai sommeil », et je dis, « le sommeil m’a pour lui », il m’a fait crédit, et là, je me rends, je lui rends tout, son taux, mon usure, « demande-moi encore », lui donner sans compter, il est vorace, et je me laisse dévorer. Ses bouchées doubles.

L’assouplissant

Pour la chanson,
Et sa lessive,
De l’osier,
Une corbeille,
Laisser
S’amonceler
Sale, le tas
De linge,
Respirer
Avant dans
Le tambour
Les jeter,
Hier, et ses
Chemises,
Trouver
Le vent,
La corde,
Souffler
N’est pas jouer,
Accrocher
Une balançoire,
Tout sèche,
Les odeurs
Se défont,
Ce qui reste,
Les plis,
Le creux
Qui sent bon,
Fouler tout ça,
Ne rien repasser.

Poids de senteur

Aujourd’hui jeudi, jour de jardin.
Ouvrir le cahier, entre les pages, des brins, des souvenirs de tiges, l’odeur de poussière sur laquelle je passe le pinceau, et je soulève de la poudre de sauge et de freesia, jeudi, jour de ménage, j’écorne un feuillet et sa branche, oranger de juillet.
Un été, entre deux pages pressé.
Ne pas s’attarder, dans les allées de l’herbier.