Cuisine

par marronbleu

Le rêve.
Comme des carcasses à l’étal, j’ai vu des livres suspendus à des crocs, se vider de leurs mots à gros jets, dans des baquets de bois.
Leur sang, leur raisiné, des bouchers-vignerons les foulent de leurs jarrets, sous les pilons, les os des phrases craquent, le boudin noir de l’encre fume, les pages, vides et blanches sèchent, le boucher les tranche de sa feuille, les livres se débitent, le vigneron trempe une coupe et boit.
Le vin bourru est bon.
Il est trois heures.
Les petites diodes rouges du réveil-matin.