ce que vos yeux vairons

Quarte, quinte

Et la voilà, légère.
La fièvre, qui ne vous cloue pas au lit.
Enquiller, les jours, les nuits.
Traîner.
Tout est à demi.
Un ralenti.
Une cosse vide.
Le froid, entre la peau et le coeur.
Contenu.
Aux limites des couches supérieures.
Entre la peau et le coeur.
Comme s’il avait pitié.
Les os, épargnés.
Comme s’il faisait le distinguo.
L’engagement des Eparges n’aura pas lieu.
La fièvre.
Influenza.
Tourner cent fois autour de la tisane éventée.
Le tilleul a un goût de cendre et de carton.
En perce, le rhum qui ne réchauffe pas.
Écrire, se coucher sous le papier, sur les carreaux du plaid du canapé.
L’étang attendra.
Condoleezza.

One hand

Schwarzkalt

Je monte, l’étang.
Retrouver plus noir que tes eaux.
La lame d’un couteau qui tranche, à tort et à torrent, de la chair de grès, ses varices rouges dans le courant, des touffes de fougères, une paille de feuilles rousses et sèches.
L’hiver, là-haut.
La forêt se décharne.
Le froid, sa lèpre, tout tombe en morceau.
Puis viendra la neige.
Elle se posera, comme un pansement.
Plus d’ulcération, cette misère qui fait du vallon un écorché.
Un dément de Brueghel.
La neige mettra fin à l’infection.
La neige.
Tout s’apaise.
La neige, sa main douce, sur la forêt, ses écrouelles.