ce que vos yeux vairons

Mois : octobre, 2017

Tweed

Jpeg

Jpeg

Jpeg

Jpeg

Jpeg

 

Jpeg

Jpeg

Jpeg

Jpeg

A.M.

Demain, après que le porteur de journaux sera passé. Il sera tôt, 5h30. Je prendrai le temps. Dehors, les doigts serrés autour d’un gobelet de café, la petite chaleur brasillante d’une cendre de cigarette. Je me mettrai en route. Voir les foulques sur l’étang, leur pastille blanche sur le front, comme une hostie posée sur le chanfrein d’un cheval. D’eux, je ne verrai d’abord que cela, un cordon de perles sillonnant la surface noire de l’eau.

Le goûter

Il faut attendre. L’heure de la brume, du noir qui descend, des lustres dans les vitrines des salons de thé, de la buée qui fume sur les gobelets de chocolat, et les pots de café, des gens qui se hâtent, sur les trottoirs, le col du manteau remonté. Le temps court dehors, il vente, il pleut, l’impression d’être à quai, un train en gare qui voit partir des convois de gabardines et de parapluies dans le lointain.
Commander un Napoléon, parce que l’on a lu un livre, un jour, dans lequel un personnage en dégustait un morceau, et s’entendre répondre « Très bien », le coeur battant.
Le gâteau existe vraiment,

Nos haleines

La brume, glacis sur le tableau nabi, l’étang et les roseaux se brouillent. Est-ce moi, le paysage. Tous deux, peut-être, les larmes aux yeux. Le froid.

Le coeur

D’abord rond, en sa forme impassible. Rien ne l’entame, il est lisse. Et puis un jour, une cabosse, sur le dessus, sa ligne s’incurve. Quelque chose est entrée en collision avec le cercle. Son émoi.

Sûrement

S’asseoir. Le temps de
Dire. Quoi. Merci, ouvrir la
Main. Il entendra.

Journal

Hier.
Son goût de journée insensée.
Je n’ai rien préparé.
J’attends dans le hall.
Au fond du sac, La première gorgée de bière.
Je ne le sors pas.
J’attends.
On vient me chercher.
Pour la première fois, je monte ici les escaliers.
Le conseil de guerre.
Une table rectangulaire, et beaucoup de sièges vert pomme.
Je pense aux petits pois de Philippe Delerm.
Mes deux bourreaux m’ont fait pleurer.
Je ne les oublierai pas.
Comment oublier la chemise émeraude de Monsieur F., assortie aux sièges, et son sourire, lorsqu’il m’a souhaité bonne chance.
« Une nouvelle vie commence » me dit-il.
Hier, tout est vert.

Secret

Le langage des fleurs,
Ce qu’elles se disent, et ne me
Disent pas. Jardin

Fleur, en trois lettres

Esquisser la tige
D’un long trait,
Majuscule d’un i,
Pour la corolle,
Ecaler un oeuf,
O par deux
Donne U,
Couronner le tout
D’un zigzag,
W,
De pétales,
Prononcer
W
U
I
Vous avez lu une tulipe.

L’invité

Frais, le vent, la nuit,
Au seuil de la maison, leur
Ouvrir grand la porte.