ce que vos yeux vairons

A.M.

Demain, après que le porteur de journaux sera passé. Il sera tôt, 5h30. Je prendrai le temps. Dehors, les doigts serrés autour d’un gobelet de café, la petite chaleur brasillante d’une cendre de cigarette. Je me mettrai en route. Voir les foulques sur l’étang, leur pastille blanche sur le front, comme une hostie posée sur le chanfrein d’un cheval. D’eux, je ne verrai d’abord que cela, un cordon de perles sillonnant la surface noire de l’eau.

Le goûter

Il faut attendre. L’heure de la brume, du noir qui descend, des lustres dans les vitrines des salons de thé, de la buée qui fume sur les gobelets de chocolat, et les pots de café, des gens qui se hâtent, sur les trottoirs, le col du manteau remonté. Le temps court dehors, il vente, il pleut, l’impression d’être à quai, un train en gare qui voit partir des convois de gabardines et de parapluies dans le lointain.
Commander un Napoléon, parce que l’on a lu un livre, un jour, dans lequel un personnage en dégustait un morceau, et s’entendre répondre « Très bien », le coeur battant.
Le gâteau existe vraiment,

Nos haleines

La brume, glacis sur le tableau nabi, l’étang et les roseaux se brouillent. Est-ce moi, le paysage. Tous deux, peut-être, les larmes aux yeux. Le froid.