ce que vos yeux vairons

Mois : janvier, 2017

Xénon

Le ciel. Les étoiles
En accroc. Et un poinçon,
Vénus en coeur gros.

Lettre à Jean

D’or me sont, ce me
Semble, ces mots attendus,
Au plaisir de Dieu.

Pivert

Un oiseau rebelle,
Crête rouge sur la tête.
Mon bel Iroquois.

Copyright

Heureux les humbles
D’esprit, Dieu me pardonne cette
Triste parodie.

Jet lag

Les retours.
La voiture, arrêtée avant le gravier et ses crissements.
Les pieds sur le plancher, nus, qui retenaient leur souffle.
Les gonds trop huilés.
Pour ne pas grincer.
Pour laisser la nuit endormie aller jusqu’au jour.
Sans en rompre le cours.
Et le matin, savoir, avant de le voir, qu’il était là.
Trouver sur la table, les journaux éparpillés.
Nouvelles déjà passées.
Venues de pays improbables.
Kiosques du bout du monde.
Curitiba
Petrolina
Manaus
Le marchand de journaux.
Au coin d’une rue lointaine.
A mille et un fuseaux horaires de la maison.
Et voir le Monde, sur la pile posé.
Il était rentré.

Un fait, une fête

Une voix.
Ni petite.
Ni grande.
Qui prend
A peine
Trop de place.
Juste
Ce qu’il faut.
L’écouter dire.
La vie, et ses morts.
La pluie, et le gros temps.
Une voix.
L’écouter chanter.
Son cristal.
Son Laude.
A l’aube venant.
Je vous salue, voix pleine de la grâce de tous vos fruits.
Les pourris
Ne sont pas
Les moins jolis.

A l’émeri

De la tête, je le
Vois s’arracher les feuilles pour
Un marron bouché.

Landing

Les jours à l’envers. Le linge. Pile bleue, pile blanche. Les deux montres toujours à l’heure. Celle d’ici et celle d’ailleurs. Les deux ordinateurs. Hémisphère nord, hémisphère sud. Les écrans qui brillaient dans le noir comme des tableaux. Et sa peau de vol de nuit qui cherchait le chaud de son endormie.

Cuisine

A bien
Y regarder
Un portable,
Un PC,
Ce me semble
De près
Ou de loin
A un gaufrier
Ressemble.
Si ne puis
plus
Pour écrire
M’en servir
Autant
Reconvertir
L’engin.
De destin,
Il changera,
Il ne veut plus
De mes tartines ?
De gaufres,
De crêpes,
Que dis-je
De brioches
Il se contentera.

Volapuk

A qui pourra me lire

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Technique.
Voilà ce que je lus.
Et voici ce que je fis.
Je contactai
Ladite plateforme.
Il me fut dit de
Refresher mon browser.
Hola, répondis-je tout à trac
Sachez, Monsieur,
Que mon frère
Est en bonne santé.
Il n’est point affligé
De fièvre.
Ni quinte,
Ni quarte.
Rafraîchir mon frère,
La belle affaire.
Tout ceci
Ne répond décidément
Pas à ma question,
Ni ne fait avancer
Mon schmilblick.