ce que vos yeux vairons

Mois : janvier, 2017

Mathématiques et biologie

L’équerre de son bras,
Sur la cassure du coude
Je pose mes doigts.

Sous eux, la ridule
Tiède et bleue d’une veinule.
Lire son sang en braille.

Sur le sang, où la
Peau se chauffe, où mes doigts gourds
Somnolent. Bienheureux.

Transmutation

Dans le creuset de
Mes paumes, de la cendre et de
L’eau. Berceau d’un verre.

Double débrayage

Les deux mains
Sur le clavier,
Contrôler
Le pédalier.
Laisser filer.
C’est une cantate.

La mal élevée

La vieille mendiante a
Faim. Je lui offre une rose.
Elle me tourne le dos.

J’ai faim

En vérité, je
Vous le dis, commandez et
Dieu vous servira.

ça ne mange pas de pain

Contre la pierre du
Porche, une gargouille, sa lèpre.
Je prierai pour elle.

Bavardage

Les oiseaux chantent parce que l’on ne leur a pas donné la parole.

Le mendiant

Un terrain vague,
Où l’on a peur
De passer.
Une parcelle poubelle,
A peine cadastrée.
Il a un nom
Qu’il a oublié.
Nul ne le prononce.
Il s’en est séparé.

Violoncelle

Sa lance
Fichée
Dans
Le sable,
L’instrument
Silencieux
Attend
Que se lève
Le vent
Et son anche.

Juglans

Là en Bréhat, où
Le corps clos, reposent les
Marins. L’arbre à noix.