ce que vos yeux vairons

Mois : octobre, 2016

Lavis

Braille du brouillard sur
Le verre opaque du jour quand
S’ensable la nuit.

Contrejour

La nuit il me pousse
Un lait lourd et noir comme un
Sang au bout des doigts.

Court l’eau

Le froid comme une brûlure, l’eau qui dévale cisaille leurs jarrets et ils suffoquent. La surprise de se trouver là, charriés comme billots de chair au milieu du ruisseau. Couchés sur le lit de pierre de l’eau, roides, et le jeu de leurs mains en feu.

Toucher-couler

Les jambes éboulées par le courant,le grès qui érode les paumes, le froid de l’eau, et dans le ventre, le vin bourru qui tient chaud. L’automne de Max et Hedda, à se laisser brûler comme tourbe au milieu du ruisseau.

Les berges

Les sapins noirs, comme des mats. Les serres de leurs racines dans la chair froide des fougères brunies de froid. Le ruisseau gronde la rouille de son eau et sa tourbe sombre, où se regardent les voiles lourds des nuages, gris comme vieillards.

Contre le jour

Silencieux et gris, les soirs avançaient leur tête comme des bêtes sages à l’étable. Il n’y avait rien à attendre. Max était loin en ses cieux noircis.

Les forêts noires

Ligne de partage des mots.
Le lent thalweg entre l’été et le printemps.

Baden Airpark

Derrière la vitre
Le soleil, et le froid pour
Dernière abeille.

Figure

L’acier des cheveux de Max contre le fuselage. Sa tête sèche, empenée comme celle d’un rapace.

Inanition

Joliesse des mots
Trop en chair, de leur mort ils
N’ont pas encore souffert.