ce que vos yeux vairons

Je n’ai rien acheté


Et j’écris au néant
Et j’attends
Que la cloche
Et son battant
Rouge
Sonne
Rouge et rouge
La fin
De l’absence
La fin
Du silence
Votre pardon.
J’écris
A
L’orage
Qui ne crève plus.

Attendre

Je suis
la plainte
Débile
De la plante
Qui s’étiole,
Son champ
Pauvre,
Son sang
Qui se perd
Et rince
Les labours
Où plus
Rien
Ne poussera
Avant
L’hiver.

Rature

Je suis une marque, une jointure, une page-frontière, une corne de papier, une froissure, crayon-fumure, un jardin de feuilles-brouillon, un bouillon de cahier, une pelure de canson, le chant d’une usure, calligriffure, l’agrafe d’une fibule piquée sur le mot de trop.

Dorture

Quand cesse le sommeil,
Ne reste que veille
En coulures.

Blancjour

Faim, effroi, et rien,
L’été là n’est plus, gelée
Perdue, soleil, sais-tu?

Dessein

Les jours, intervalles
Gris et sales sur les cansons
D’un soir qui s’ennuie.

Lavis

Braille du brouillard sur
Le verre opaque du jour quand
S’ensable la nuit.

Contrejour

La nuit il me pousse
Un lait lourd et noir comme un
Sang au bout des doigts.