ce que vos yeux vairons

Mois : juin, 2016

Publication lue, et empruntée à Lionel-Edouard Martin

S’il est quelque plaisir à se remémorer Ses bienfaits d’autrefois, quand on croit être bon, S’être montré fidèle à ses serments sacrés, N’avoir trompé personne en mal usant des dieux, Tu auras bien des joies, Catulle, en ton grand âge, Du fait de cet amour si mal récompensé ! Car tout ce que de bien […]

via Catulle (84-54 av. J.-C.) : Supplique aux dieux pour qu’ils l’aident à rompre (poème 76) — Lionel-Édouard Martin

Un pont de sept ans

Quand dénouant les manches enchevêtrées du manteau, ses mains arrêtées au regard d’Hedda. Elle ne cilla. Il ne parla pas. Seul, le froissement du tissu se prononçait.Ses yeux la crochetèrent. Le balancier du trapèze l’emporta très haut.
Max compta.
« Alpha-november, réveille-toi… »

L’atelier

J’ai saisi la canne brûlante du verrier, l’âme de mes doigts s’y est brûlée. Le charbon s’est fait crayon, et souffle le Biot de ses mots, lourds de leurs bulles d’air qui s’élève, et que jamais plus vous ne cueillez.

Février, juillet

De l’hiver,
Sa pâte
De verre,
Votre surgissement
De février
A soufflé
Une paraison,
Un vêtement
Transparent
Comme
Lumière,
Dont vous
Avez
Cassé
La coque,
Un matin
Qui n’avait
Plus rien
De l’été.

Douter de la lumière

J’ai ouvert le fruit vert de l’été. J’y ai vu le germe de pierre de l’hiver, ce noyau tant redouté.

Habit Rouge

Le souffle court de la fumée d’une odeur, entre les murs de verre de sa cellule enflaconnée.

L’effacement

Les grains de blé, posés sur la pierre à broyer. Ainsi mon coeur, farine, triste poussière sous la meule de vos mots amers.

Quatre jours et quelques nuits

Les terres des derniers jours de juin, ces temps d’élection, aucun bagage, les langages se sont tus, je monte l’échelle de papier de mon fenil, le toit, délicat s’est soulevé, et je laisse le ciel silencieux et doux se poser sur mon front.

La rencontre

Ces jours comptés et rares, où la règle s’abolit, où le fer de la main se fait léger comme feuille de papier, tous les chemins sont ouverts, et mes pas me portent en retrait. Je romps avec la foule, et serai au rendez-vous avec moi-même.

Limes

Pieds
Endormis,
J’ai buté
Sur la borne
Enfouie
Sous
Un paquet
D’herbes
Couchées
Par la pluie,
J’avais
Oublié
Sa place
De pierre
Frontière.