ce que vos yeux vairons

Mois : novembre, 2015

I’m dreaming of home

Au fond de sa poche, les perles tièdes sous ses doigts gercés. Le collier d’une courte trêve. Elle le posa sur l’établi sale.  L’huile de vidange commença lentement à carier les grains de nacre.

 

Un trait

Léger

De plume

Deux zigzags

Un rond

A dresser

Contre

L’enclume.

NON

Max’s waltz

Bix Beiderbecke

I’m coming Virginia

« Les visiteurs du soir »

Le hangar se referma sur elle comme comme la porte d’un tombeau que l’on scelle. Elle attendit le silence et le froid. Que les sueurs se dissipent. Qu’il ne soit plus là. Alors elle huma, les huiles, le métal encore chaud, les chiffons graisseux. Elle s’étourdit comme d’autres s’enivrent de Jicky. Elle était chez elle, elle le savait. Mais elle avança comme une voleuse. Elle profanait. S’il le savait… Elle marcha doucement comme une garde-malade entre les carlingues au repos. Au fond de l’atelier, elle vit le Morane à la lutte sur la même ligne que son Stampe. Deux carcasses silencieuses. Ebréchées. Une aile de sa libellule pendouillait un peu.

Le beau rôle

Désarçonné,

En bras

De chemise,

L’hiver

Hier encore,

La mine

Patibulaire,

Joue,

Maladroit,

Les jeunes

Premiers.

Il tombe

Son masque

Austère,

Second

Couteau

Surpris

Par la claque

Qui

Applaudit

Un pauvre

Hère

Que le printemps

De novembre

Enfin

Embellit.

A « L’Aloyau »

Combien de fois, vieux messieurs alignés droits dans la travée des veufs et des délaissés, seuls comme des pierres, silencieusement voûtés sur votre potage, la Mutte a-t-elle sonné votre passage, votre garde-à-vous digne devant vos oeufs mimosa ? Je devinais vos regards dans mon dos, les mots que vous auriez aimé dire et qui ont glissé sur le dossier de la chaise qui vous faisait face. J’ai retenu mon babil, ai mangé mon fruit en silence.

Le premier d’entre vous s’est levé, fragile, les joues piquées du rouge du verre de pinot gris siroté.

« Au revoir! » a-t-il flûté au serveur affairé.

« A dimanche prochain, Monsieur …. » Son nom s’est perdu dans le brouhaha des familles attablées.

Il reviendra au prochain dimanche, et au suivant. Sa table sera mise pour un. Et une ombre du passé.

« Music for a while »

Avant

De

Fondre

Dans

Les eaux

Troublées

De l’étang,

Le petit

Caillou

Trace

Son sillon

En cernes

D’eau,

Qui

Font

Chanter

Le chalumeau

Des roseaux,

Se froissant

Sur la rive.

 

A reculons

Les doux

Repentirs

De l’été,

Qui se grime

En un hiver

Léger,

Dont

Le brouillard

Est buée,

Et les nuées

De corbeaux

Qui pointillent

Les nuages

Ne font

Pas encore

Entendre

Leurs croches

Rauques

Sur les jardins

Attiédis.

Lisière

Au soir

Hier,

La lumière

De la fin

Du jour

S’est

Fondue

Comme

En buvard

Au noir

Forcissant

De la nuit.

 

A filetta

Passionne

Ghmerto

Concerto delle donne

Leurs voix

En fuseau

Qui

Entrelacent

La soie

De leur

Fil,

Dont

Elles

Jouent

De noeuds

En tresses,

Balancier

Lent

De

L’ornement

Qui

Pendule

De l’autre

A

L’une,

Comme

Le ballon

Que

Les enfants

Sans cesse

Se passent.

Jusqu’à

La chute.

A la coda.